Droits des femmes : L’inscription du droit à l’avortement dans la Constitution réclamée par 400 avocats

LIBERTE Vendredi, la Cour suprême des États-Unis a révoqué l’arrêt Roe v. Wade de 1973, qui consacrait depuis près d’un demi-siècle le droit à l’avortement dans le pays

J.B. avec AFP
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Une manifestation à Paris en 2011 pour le droit à l'avortement.
Une manifestation à Paris en 2011 pour le droit à l'avortement. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Un séisme sociétal résumé à travers un simple paradoxe : « Il n’aura fallu que six voix pour ­bouleverser la vie de millions de femmes ». C’est ainsi qu’est décrite, dans une tribune signée par 400 avocats et publiée samedi par le JDD, la décision prise vendredi par la Cour suprême des États-Unis de révoquer l’arrêt Roe v. Wade. Datant de 1973, il consacrait depuis près d’un demi-siècle le droit à l’avortement. Cette décision à effet immédiat autorise chaque État américain à interdire les interruptions volontaires de grossesse, et neuf ont déjà sauté le pas.

Ces pourquoi ces acteurs de la justice française, parmi lesquels Karen Noblinski, Julie Couturier, Vincent Nioré, Rachel-Flore Pardo, appellent « sans plus attendre à l’inscription du droit à l’avortement dans la Constitution française ». Car la décision de la Cour suprême, « symbole d’un recul des libertés sans précédent, met en danger la sécurité et la santé des femmes (…). Elle pose aussi la question de la garantie de ce droit en France, où près de 230.000 femmes ont recours chaque année à l’avortement ». Les avocats signataires ajoutent : « En France, le droit à l’avortement est protégé par la loi du 17 janvier 1975 que l’on doit à Simone Veil. Les récentes élections législatives nous rappellent que les équilibres politiques sont ­fragiles, et que cette loi pourrait être un jour menacée ».

Une proposition de loi sur la table

Cet appel rejoint celui formulé en début de week-end par la nouvelle présidente du groupe LREM à l’Assemblée, Aurore Bergé. Elle a annoncé qu’une proposition de loi « pour inscrire le respect de l’IVG dans notre Constitution » allait être déposée. Proposition soutenue ensuite par la Première ministre, Elisabeth Borne.

Chère@auroreberge, le gouvernement soutiendra avec force cette proposition de loi. Pour toutes les femmes, pour les droits de l’Homme, nous devons graver cet acquis dans le marbre. Le Parlement doit pouvoir se retrouver très largement autour de ce texte. https://t.co/pACsGmFFe3
– Élisabeth BORNE (@Elisabeth_Borne) June 25, 2022

Mais un autre membre du camp présidentiel, François Bayrou (MoDem), a douché en partie cette volonté. « Est-ce que c’est utile au pays, en ce moment, d’aller organiser un référendum sur cette question ? », s’est-il interrogé ce dimanche sur BFMTV. « C’est quand même surprenant que ce soit ce qui se passe aux États-Unis (…) qui entraîne un certain nombre de réactions effervescentes dans la vie politique française », a poursuivi le centriste, qui n’est « pas pour qu’on décalque la vie politique américaine ».