Sète : Douze ans après son arrivée, le Rio Tagus a enfin quitté le port

EPAVE Le Rio Tagus a enfin quitté le port de Sète, près de 12 ans après y avoir fait son entrée. Il doit être démoli à Brest

Jérôme Diesnis
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Le Rio Tagus doit être transporté jusqu'à Brest pour être démoli, dans un navire sécurisé.
Le Rio Tagus doit être transporté jusqu'à Brest pour être démoli, dans un navire sécurisé. — Région Occitanie / G. Lefancq
  • Le Rio Tagus, bateau poubelle qui pourrissait depuis près de douze ans dans le port de Sète, a pris la mer, sécurisé par le navire semi-submersible Yacht Express, jusqu’à Brest où il doit être détruit.
  • Le 30 octobre 2010, après avoir déchargé du nitrate d’ammonium, il avait été abandonné avec son équipage, par son armateur américain, basé au Panama.
  • Depuis, alors que son état n’avait cessé de se dégrader, il a fait l’objet de plusieurs tentatives de rachat et d’imbroglios juridiques.

Onze ans et demi après avoir été abandonné par son propriétaire, le Rio Tagus a enfin quitté le port de Sète. Ce navire poubelle construit en 1979 rouillait depuis le 30 octobre 2010 dans le port héraultais après avoir déchargé du nitrate d’ammonium. Il avait été abandonné avec son équipage composé de marins guinéens, égyptiens et ukrainiens par son armateur américain, basé au Panama. Son équipage avait été aidé pendant plusieurs mois à survivre par des associations des gens de mer, avant de pouvoir quitter la France.

« Face à l’abandon du navire par son nouveau propriétaire [un ferrailleur espagnol] et malgré les tentatives de conciliation du port avec lui, la Région Occitanie a engagé une procédure d’expulsion auprès du tribunal administratif, évoque la collectivité, propriétaire du port. Après 18 mois de procédure, la Région a obtenu l’autorisation, par décision du 21 novembre 2020, d’assurer le démantèlement aux frais et risques du son propriétaire. »

Les alertes de l’association Robin des bois

Le navire a quitté Sète samedi soir, pris en charge par le navire semi-submersible Yacht Express. Ainsi sécurisé, il doit rejoindre Brest où il doit être démoli par la Navaleo. La société bretonne a remporté l’appel d’offres lancé par la Région Occitanie en 2021 pour le démantèlement du navire.

Compte tenu de l’état du navire, l’association de défense de l’environnement Robin des bois a réclamé en vain depuis des années sa démolition « in situ dans le cadre d’une Installation Classée pour la Protection de l’Environnement, provisoire certes, mais encadrée par les services de l’Etat ». Elle n’a pas obtenu gain de cause. Elle a également alerté les pouvoirs publics sur la présence, sur la coque immergée, « d’un captage de moules en provenance de l’étang de Thau d’une épaisseur de 5 cm. Si ces moules ne sont pas grattées avant le départ, elles risquent de devenir une espèce invasive dans les bassins du port de Brest. »