Loire-Atlantique : Tout savoir sur le Revenu jeunes, nouvelle aide sociale pour les 18-25 ans

PRECARITE Les conseillers départementaux de Loire-Atlantique vont se prononcer sur le lancement de cette nouvelle aide, ce lundi

Julie Urbach
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Le montant du revenu jeunes  pourra aller jusqu'à 500 euros par mois.
Le montant du revenu jeunes pourra aller jusqu'à 500 euros par mois. — Alexa Fotos / Pixabay
  • Ce nouveau « revenu » doit concerner cette année un millier de jeunes sans ressource, et notamment ceux qui ne sont aujourd’hui pas éligibles aux dispositifs existants.
  • Il sera d’abord octroyé pour quatre mois et pourra atteindre 500 euros mensuels.

C’est une nouvelle aide sociale qui s’apparente à un « filet de sécurité pour redonner confiance » aux 18-25 ans du territoire les plus précaires. Ce lundi, les conseillers départementaux de Loire-Atlantique vont se prononcer sur la création dès le mois de juillet du Revenu jeunes. Le territoire fait partie des premiers à se lancer en France, alors que l’idée d’un revenu de base est portée par plusieurs collectivités socialistes. Voici ce qu’il faut savoir sur cette expérimentation, qui doit durer trois ans.

Pourquoi une nouvelle aide ?

Ce nouveau « revenu » vise à aider les jeunes sans ressource, et notamment ceux qui ne sont aujourd’hui pas éligibles aux dispositifs existants jugés parfois complexes. « Ce n’est pas de la charité, c’est leur accorder des droits même s’ils ne sont pas dans les bonnes cases, justifie Michel Ménard, président PS du conseil départemental. Les étudiants qui n’ont plus droit aux bourses car ils ont redoublé, ceux qui n’ont pas de soutien familial ou encore ceux qui, comme la plupart, n’ont pas droit au RSA. » Une aide d’autant plus urgente selon lui que la crise sanitaire a accentué la situation. Selon le département, 2.900 jeunes de Loire-Atlantique étaient suivis par le Secours populaire en 2021. En France, près d’un quart des 18-24 ans vit sous le seuil de pauvreté, contre 13 % pour l’ensemble des adultes.

Comment ça marche ?

Décrite comme simple, rapide et complémentaire de l’existant, cette allocation pourra aller jusqu’à 500 euros par mois, avec des paliers à 150 et 300 selon la situation de chaque bénéficiaire, étudiée par les missions locales qui joueront un rôle central. Elle sera d’abord octroyée pour quatre mois, afin que le jeune, qui bénéficie d’un accompagnement, ait le temps d’effectuer plus sereinement ses démarches liées à l’emploi, le logement ou la santé. Un contrat personnalisé sera entre temps formalisé. « L’aide peut ensuite être reconduite tous les trois mois, le temps que la situation du jeune soit rétablie », précise Jérôme Alemany, vice-président insertion et lutte contre l’exclusion au département. Un budget de 2 millions d’euros doit être voté pour 2022, avec l’objectif de toucher un millier de jeunes pour cette année. D’autres financements suivront.

Qu’en pense l’opposition ?

De premières critiques ont déjà été formulées par les conseillers départementaux de la droite et du centre, « opposés à ce RSA jeunes ». Et notamment le fait que cette aide pourrait en théorie être versée à un même allocataire pendant sept ans. « Je ne connais personne qui se satisfait passivement d’un revenu faible, en restant dans son petit studio devant la télé », répond Michel Ménard, favorable à un revenu de base comme une quinzaine de ses homologues socialistes. L’opposition estime aussi que les contreparties exigées sont trop floues. Elle proposera un amendement pour que soit écrit noir sur blanc le fait que la demande soit conditionnée à « un accompagnement social, une inscription à une formation, une entrée dans un parcours d’apprentissage, ou un retour en études. »

Quel avenir pour cette expérimentation ?

Après avoir été concertée avec plusieurs partenaires (missions locales, fédérations d’éducation populaire, acteurs de la protection de l’enfance, etc.), la mesure sera suivie par un comité d’expérimentation qui l’affinera ou la corrigera, puis rendra son premier bilan dans trois ans. Une étude sociologique sera en parallèle menée par l’université de Nantes pour évaluer les impacts de cette aide. Car l’objectif pour le conseil départemental est également de convaincre l’État de l’utilité de ce dispositif pour la mise en place d’un tel accompagnement social pour les 18-24 ans à l’échelle nationale. Dans la même logique, le conseil départemental de Gironde ou la métropole de Lyon ont aussi lancé leurs propres dispositifs. Celui du département de la Haute-Garonne, qui proposait de désigner aléatoirement les bénéficiaires, a quant à lui été retoqué.