AgroParisTech saisit la justice après une enquête interne faisant état de 17 viols

VIOLENCES SEXUELLES Cette enquête a été menée en décembre par la Cellule de sensibilisation et d’information sur la sexualité, une association étudiante, auprès de l’ensemble de la communauté étudiante de l’école

20 Minutes avec AFP
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Le tribunal judiciaire de Paris
Le tribunal judiciaire de Paris — NICOLAS MESSYASZ/SIPA

L'école d'ingénieurs AgroParisTech a affirmé mardi avoir saisi la justice après qu'une enquête interne auprès de ses étudiants a fait état de 17 cas de viols et de dizaines d'agressions sexuelles parmi ses élèves, qui font écho à d'autres accusations de violences sexuelles dans plusieurs grandes écoles.

Cette enquête, menée en décembre par la Cellule de sensibilisation et d'information sur la sexualité (Cassis), une association étudiante, auprès de l'ensemble de la communauté étudiante de l'école (970 étudiants, de la première année au doctorat), dresse un bilan «alarmant», selon cette cellule.

« L'ampleur est importante »

Sur 566 réponses complètes, 526 cas de comportements ou propos discriminatoires ou à connotation sexuelle (sans contact physique) ont été recensés. 141 répondants ont déclaré avoir été victimes d'agression sexuelle et 17 de viols (dans 16 cas des femmes et un cas une personne qui se déclare «non binaire»).

«L'ampleur est importante», a souligné auprès de l'AFP Laurent Buisson, le directeur général d'AgroParisTech, qui a précisé avoir reçu le rapport définitif de la cellule étudiante dimanche, et avoir «signé un courrier à la procureure de la République hier (lundi)».

«Pour la période couverte par cette enquête, c'est-à-dire les quatre dernières promotions, nous savions déjà qu'il y avait eu des affaires. Il y avait eu deux saisines de la section disciplinaire, avec des sanctions, et des signalements au procureur de la République. Mais là, ce dont on a pris la mesure, c'est le nombre d'affaires qui ne sont pas parvenues jusqu'à nous», a-t-il ajouté.

« Un plan d'action à la rentrée »

Au total, 76% des situations de violences sexuelles avec contact physique ont été subies par des femmes, et 58,8% ont eu pour auteurs des hommes. L'école va «déployer un plan d'action à la rentrée», a déclaré Laurent Buisson. «On va chercher à avoir des référents externes à l'école, on va chercher des partenariats avec des associations ou des prestataires», notamment pour «assurer la présence dans les événements festifs» et mener des «enquêtes annuelles», a-t-il ajouté.

La justice a récemment ouvert plusieurs enquêtes concernant des accusations de violences sexuelles au sein de prestigieuses grandes écoles. En avril, une enquête préliminaire pour viols et agressions sexuelles était ouverte par le parquet d'Evry à la suite d'un questionnaire interne de l'école Polytechnique révélant l'ampleur de ces faits au sein de l'établissement.

En octobre, une autre enquête avait été ouverte après des révélations visant CentraleSupélec. Une étude interne y avait fait état d'une centaine de faits de harcèlements sexuels, agressions sexuelles ou viols pendant l'année universitaire.