Près de 200 femmes réclament la démission de Damien Abad, accusé de violences sexuelles

MOBILISATION « Pourquoi les ministres seraient-ils au-dessus des lois qui s’imposent à l’ensemble de la société ? », s’interrogent les signataires d’une tribune publiée dans Le Monde ce lundi

20 Minutes avec agences
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Le ministre Damien Abad.
Le ministre Damien Abad. — Jacques Witt / Sipa Press/SIPA

« Damien Abad peut-il, comme ses fonctions le requièrent, incarner l’intérêt général ? ». Près de 200 femmes, élues, journalistes, féministes, artistes posent la question dans une tribune publiée ce lundi par Le Monde. Elles réclament la démission du ministre des Solidarités, visé par des accusations de violences sexuelles.

L’Observatoire des violences sexistes et sexuelles en politique et l’association féministe #NousToutes sont à l’origine de cette initiative. « Le peut-il, alors que trois femmes l’accusent de viol ou de tentative de viol et que de nombreuses personnes, y compris des élus de la République, ont témoigné de comportements tout à fait inappropriés ? », poursuit cette tribune, signée notamment par des élues de l’opposition dont Laurence Rossignol (PS), Alice Coffin (écologiste) et Clémentine Autain (LFI).



Damien Abad nie les accusations

Une centaine de femmes se sont rassemblées ce lundi place du Châtelet à Paris pour réclamer sa démission, ainsi que celle du ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, a constaté une journaliste de l’AFP. « On veut attirer l’attention sur l’énorme gap entre la seconde pseudo grande cause du quinquennat d’Emmanuel Macron et le maintien au gouvernement de Gérald Darmanin et Damien Abad, deux hommes accusés de viol et de violences sexistes, au gouvernement », a expliqué Fatima Benomar, de #NousToutes.

De son côté, Damien Abad a réfuté les accusations portées contre lui dans Mediapart, dénonçant le « calendrier soigneusement choisi » et la « partialité » de l’enquête du journal. « Pour faire reculer ces violences, les hommes qui les commettent doivent saisir la gravité et la criminalité de leurs actes. Si des ministres peuvent agir en toute impunité, un blanc-seing semble être envoyé à tous les autres », poursuit la tribune également signée par l'actrice Adèle Haenel.

« Pourquoi les ministres seraient-ils au-dessus des lois ? »

« Dans une entreprise, si une personne accusée de harcèlement sexuel était protégée par son employeur, maintenue en poste, sans enquête interne, sans mesure de prévention, sans mise à pied conservatoire le temps qu’une enquête soit déployée, la responsabilité de l’entreprise pourrait être engagée. (…) Pourquoi les ministres seraient-ils au-dessus des lois qui s’imposent à l’ensemble de la société ? », poursuit le texte.

Les signataires demandent « la démission immédiate de Damien Abad et de toute personne mise en cause pour violences sexuelles ayant un mandat politique ». Damien Abad, ancien chef des députés Les Républicains qui s’est rallié à Emmanuel Macron après l’élection présidentielle, a été réélu dimanche député dans l’Ain, avec 57,86 % des voix face à la candidate Nupes.