Rennes : Le procureur évoque « l’intérêt des enfants » pour expliquer le placement d’un bébé né à domicile

NAISSANCE Des parents domiciliés à Vitré (Ille-et-Vilaine) ont vu leur bébé et leur fille de 2 ans être placées dans une pouponnière, suscitant leur totale incompréhension

Camille Allain
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Un couple de Vitré (Ille-et-Vilaine) proteste contre la mesure de placement de ses deux enfants, qu'il juge injustifiée.
Un couple de Vitré (Ille-et-Vilaine) proteste contre la mesure de placement de ses deux enfants, qu'il juge injustifiée. — Didier Pallagès/AFP
  • A Vitré, un couple de parents a vu ses enfants être placés dans une pouponnière sur décision du procureur de la République.
  • Ce dernier se défend expliquant avoir été alerté de potentiels dangers et agir dans l’intérêt des enfants.
  • Le couple doit rencontrer un juge pour enfants afin de lui apporter des garanties sur la sécurité de ses enfants.

Ils n’ont toujours pas pu voir leurs enfants depuis qu’on leur a retiré le week-end dernier. Mais Noémie et Raphaël devraient avoir une date d’audience avec un magistrat rapidement. Cette rencontre avec le juge pour enfants représente leur seul espoir de retrouver Lou, leur bébé né il y a dix jours, et Nausicaa, leur fille aînée âgée de 2 ans. Domicilié à Vitré, près de Rennes (Ille-et-Vilaine), ce jeune couple a laissé éclater sa colère sur les réseaux sociaux quand les gendarmes se sont présentés chez eux pour placer leurs deux enfants après un accouchement non assisté.

Très vite, leur histoire a suscité l’émotion mais aussi l’incompréhension et la colère sur la Toile. Dans un pays où 0,1 % des accouchements sont non assistés, la démarche détonne. Faut-il y voir un lien avec le placement des enfants ? « Il ne s’agit pas de juger tel ou tel mode d’accouchement. Ce n’est pas du tout le sujet », assure le procureur de la République de Rennes. C’est son parquet qui a décidé du placement des deux enfants, à la demande des services sociaux du département d’Ille-et-Vilaine. « Je constate que cette décision de placement provisoire suscite beaucoup d’émotion. Mais nous avions des signalements qui nous alertaient de dangers potentiels. C’est maintenant le rôle du juge de dire s’il faut un retour des enfants au domicile. Le seul critère, c’est l’intérêt des enfants », assure Philippe Astruc.



Le compte rendu médical n’aurait rien révélé

Pour justifier sa demande de placement, le département d’Ille-et-Vilaine était resté très évasif, évoquant « des éléments de risque de danger sur la santé et le suivi médical de deux enfants ». Interrogé à ce sujet, le procureur s’est rangé derrière le secret médical. « A un moment, il est apparu qu’il n’y avait pas de garanties suffisantes pour la sécurité de cet enfant né quelques jours auparavant. Il y avait des questionnements forts sur la sécurité avec un potentiel danger », évoque le magistrat.

Grâce à un appel aux dons lancé par des proches, les parents ont pu engager une avocate qui plaidera leur cause devant le juge pour enfants. D’après nos confrères de France 3 Bretagne, le compte rendu médical réalisé par le pédiatre n’avait révélé aucun problème majeur chez l’enfant, évoquant une tonicité « adaptée à l’âge » et « des bruits du cœur réguliers ».