Météo : Le « Sahara dans les Pyrénées »… Ce que l’on sait sur la vague de chaleur précoce (et inédite) qui arrive

AOUT EN JUIN Par son étendue géographique, la vague de chaleur « précoce » qui va déferler par le sud de la France à partir de ce mardi pourrait rester dans les annales

Hélène Menal
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Illustration d'une femme souffrant de la chaleur devant son ventilateur.
Illustration d'une femme souffrant de la chaleur devant son ventilateur. — Canva
  • Après le mois de mai le plus chaud, Météo-France prévoit, de mardi à dimanche, la « vague de chaleur » probablement la plus précoce jamais enregistrée à l’échelle de l’Hexagone.
  • La mi-juin va prendre des allures de mois d’août et le mercure pourrait monter à 40 °C par endroits.
  • Dans les Pyrénées, les spécialistes n’ont jamais vu de telles températures en altitude si tôt dans l’année.

Après le dôme de chaleur du mois de mai, voici la « vague de chaleur précoce » de la mi-juin. Sauf si vous habitez dans le Sud-Est, où il fait déjà très chaud depuis ce week-end, prenez une grosse inspiration, l’air va aussi devenir irrespirable dès ce mardi dans le Sud-Ouest avec une première « pulsation chaude ».

Puis, dans une « seconde salve », le phénomène va gagner le Centre puis le Nord, et donc Paris à partir de jeudi, avec deux journées pressenties comme torrides vendredi et samedi. Météo-France​ n’emploie pas encore le terme de canicule dans l’attente des températures nocturnes. Quasiment toute la moitié sud, voire le centre de la France, va connaître des pics à plus de 35 °C. Le mercure pourrait même grimper jusqu’à 40 °C « à l’intérieur du Languedoc ».

La faute à quoi ?

Cette bouffée de chaleur prend sa source dans « une dépression qui se trouve en altitude au large du Portugal et qui favorise une remontée d’air chaud en provenance du Maghreb. Elle transite par l’Espagne depuis plusieurs jours et va gagner la France par le Sud-Ouest », résume Frédéric Long, prévisionniste à Météo-France. Résultat, la température pourrait monter dès ce mardi « à 36 °C à Bordeaux et à 35 °C dans le Midi toulousain ».


Du « jamais vu » dans les Pyrénées

« C’est invraisemblable, je n’ai jamais vu ça si tôt dans l’année dans les Pyrénées. » Christophe Dedieu, le président de l’association d’amateurs éclairés Météo Pyrénées, a besoin de se pincer en regardant défiler les cartes satellites. « Un four, voilà, c’est le cas de le dire », prédit-il. Le Palois pense « qu’on va atteindre des records pour une mi-juin, en atmosphère libre notamment, vers 1.500 mètres puisqu’il va y avoir des pointes à 30 °C. C’est à peu près les valeurs qu’on retrouve en plein centre du Sahara ». Alors pour ceux qui s’esbaudissent encore de voir les sommets encore enneigés, profitez bien. « Avec 25 °C à 2.000 mètres, l’enneigement va finir de filer », assure Christophe Dedieu. Avec « un peu de poussières du Sahara » pour parachever le spectacle.


A la station de Gavarnie, située à 1.400 mètres d’altitude, dans les Hautes-Pyrénées, les prévisionnistes confirment un pic probable à 30 °C ce mardi.

Est-ce exceptionnel si tôt dans l’année ?

Si le phénomène a l’ampleur nationale prévue, « comme c’est probable » alors, oui, cette vague de chaleur sera la plus précoce jamais enregistrée après un mois de mai qui a déjà été le plus chaud jamais observé : « On a déjà eu des vagues de chaleurs précoces en juin, mais seulement au niveau régional, détaille Frédéric Long. Il y a eu, vers la mi-juin 2003, juste avant la fameuse canicule, des vagues de chaleur en Alsace et en Aquitaine. En juin 2019, on a aussi eu une vague de chaleur dans le sud du pays mais plus tard, autour du 25 juin ». A cette échelle nationale donc, ce sera inédit.

Au-delà des précautions d’usage pour les personnes vulnérables, cet épisode tombe mal pour l’agriculture, après un hiver et un printemps peu pluvieux et alors que 35 départements sont déjà en alerte sécheresse. Elle est aussi de mauvais augure concernant les risques d’incendies en forêt.