Affaire Delphine Jubillar : La justice décide de maintenir le mari en détention provisoire

DECISION En prison depuis près d’un an après sa mise en examen pour le meurtre de sa femme, Cédric Jubillar est maintenu en détention, son mandat de dépôt est renouvelé pour six mois

Béatrice Colin
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Cédric Jubillar, lors de la battue organisée pour retrouver sa femme Delphine, disparue à Cagnac-les-Mines, dans le Tarn.
Cédric Jubillar, lors de la battue organisée pour retrouver sa femme Delphine, disparue à Cagnac-les-Mines, dans le Tarn. — Fred Scheiber / AFP
  • Cédric Jubillar, en détention depuis le 18 juin 2021 suite à sa mise en examen pour le meurtre de sa femme, reste en prison. Son mandat de dépôt a été renouvelé pour six mois.
  • Ses avocats qui dénoncent une présomption d’innocence bafouée, ont indiqué qu’ils allaient faire appel.
  • Cédric Jubillar est soupçonné d’avoir tué sa femme Delphine, dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020 à Cagnac-les-Mines, dans le Tarn.

Le 18 juin 2021, Cédric Jubillar était placé en détention pour le meurtre de sa femme Delphine. Au terme de son année de mandat de dépôt, ses avocats avaient espéré du juge des libertés et de la détention une remise en liberté au nom « de la présomption d’innocence ». Mais le magistrat a renouvelé ce lundi pour six mois le placement en détention provisoire du suspect.

Lors d’une audience à huis clos la semaine dernière au tribunal judiciaire de Toulouse​, ses trois conseils avaient tenu à rappeler « la détention, c’est l’exception, la liberté, c’est le principe ». « La justice a décidé de prolonger la détention de Cédric Jubillar considérant qu’il restait des investigations à mener », a réagi Alexandre Martin, l’un de ses avocats à l’issue de la décision du juge des libertés et de la détention, qui s’est déçu.

Ce dernier a suivi la demande du ministère public et des juges d’instruction qui s’opposaient à la sortie de prison du plaquiste de 34 ans, soupçonné d’avoir tué sa femme dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020 à Cagnac-les-Mines, dans le Tarn.

« Un raisonnement déductif de l’accusation »

« Cédric Jubillar vient compléter la cohorte de ceux qui ont à pâtir de cette gestion de la détention provisoire. Ce n’est qu’après qu’on constate les dégâts. Ce dossier est toujours vide, il reste vide, il n’y a aucun élément de preuve, il n’est là que parce que la justice raisonne mal en considérant que ça ne peut être que lui et ne considère pas les autres », a poursuivi Me Martin. Or, selon lui, le fait que le téléphone de Delphine se soit déclenché le matin de sa disparition ait été déclenché alors que Cédric Jubillar se trouvait avec les gendarmes qu’il venait de prévenir est une preuve de son innocence.

« La justice est en train de rechercher ce qu’elle devrait avoir avant de placer un homme en détention, c’est-à-dire des indices, des preuves, des charges. Tout ce qu’on devrait avoir et qui devrait faire qu’on applique un principe de précaution et on n’enferme pas des gens tant qu’on est dans l’incapacité d’avoir un raisonnement à charge qui soit autrement qu’un raisonnement déductif », appuie sa consœur, Emmanuelle Franck pour qui son client est broyé par une machine judiciaire. Elle regrette que ce placement en détention soit aussi poursuivi, car « le placement en détention est assimilé dans l’opinion publique à une démonstration de culpabilité ».

Après quatre demandes de remise en liberté rejetées, ses avocats n’ont pas caché qu’ils allaient faire appel de cette décision.