Comment l’aviation fait encore planer les jeunes

TOP JEUNE Comme Guillaume Reymann, pilote strasbourgeois de 22 ans sélectionné pour participer au prestigieux Tour aérien des jeunes pilotes, les ados restent passionnés par l’aéronautique

Gilles Varela
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Guillaume Reymann, un Strasbourgeois , pilote sélectionné pour le Tour aérien des jeunes pilotes 2022
Guillaume Reymann, un Strasbourgeois , pilote sélectionné pour le Tour aérien des jeunes pilotes 2022 — Frederic LERT
  • Les Brevet d’initiation aéronautique (BIA) connaît chaque année un succès grandissant dans les lycées qui proposent cette matière, indépendante du programme scolaire.
  • Malgré les préoccupations environnementales des participants, l’aéronautique reste un domaine qui « intéresse et fait rêver » mais aussi alimente l’espoir d’arriver à une aviation du futur, durable et non polluante.
  • Guillaume Reymann, jeune pilote de 22 ans, sélectionné pour représenter l’Alsace au Tour aérien des jeunes pilotes 2022, croit en ces futurs ingénieurs aéronautiques et pilotes qui travaillent à changer l’image d’un domaine souvent considéré comme élitiste et peu préoccupé par l’environnement.

Bien souvent jugée comme élitiste, parfois comme une activité de loisirs trop polluante, l’aviation légère n’a pas toujours bonne presse. Alors avoir 18 ans aujourd’hui et faire le choix d’enchaîner les heures de vols  pour assouvir une passion même si beaucoup disent avoir conscience que cela pollue , n’est donc pas si anodin. Entre culpabilité et mauvais œil des camarades.

Pourtant, 11.000 jeunes dont 2.700 filles passent chaque année en France le BIA. Un Brevet d’initiation à l’aéronautique, un diplôme de l’Education nationale, une matière qui ne compte pourtant pas dans la moyenne, indépendante du programme scolaire pourtant proposé par de plus en plus d’établissements scolaires, quand ils le peuvent, ou dans les aéroclubs. Ce brevet valide un niveau d’initiation à la culture scientifique et technique dans l’aéronautique et le domaine du spatial… Et surtout très utile pour passer réellement à la pratique avant l’obtention de la licence de pilote privé et voler de ses propres ailes.

« Au-delà d’une simple activité de loisirs »

Pour Guillaume Reymann, 22 ans, l’aviation l’a touché très jeune. A 14 ans déjà il obtenait le fameux diplôme. Aujourd’hui, il est sélectionné pour représenter l’Alsace au prestigieux Tour aérien des jeunes pilotes en juillet prochain. « C’est vrai que l’aviation a cette réputation « élitiste », reconnaît-il. Mais il faut aller bien au-delà d’une simple activité de loisirs réservée aux personnes riches et non soucieuses de l’environnement », assure le jeune pilote. « L’aéronautique est accessible même si c’est vrai que c’est cher mais derrière, il y a des aides. Mais c’est aussi des possibilités de carrière, donc cela peut s’adresser à beaucoup de gens, plus que ce que l’on pourrait penser », poursuit-il.

Après un bac scientifique, il a poursuivi avec un DUT en ingénierie mécanique dans l’aéronautique. Côté finances, il ne doit rien à personne. Pour payer ses heures de vol, il a travaillé en alternance chez un concepteur de composant aéronautique à Molsheim et contracté un prêt bancaire. A présent, le jeune homme qui est passé par Dassault à Bordeaux et Airbus industrie à Toulouse, va mettre sa carrière de pilote quelque temps entre parenthèses, le temps de remplir un contrat de test en vol chez Dassault aux Etats-Unis.

C’est « un univers qui fait bien toujours rêver, et de plus en plus », confirme Alexandre Rongemaille, professeur de mathématiques au lycée Le Gymnase Jean-Sturm à Strasbourg. « Cela va au-delà du pilotage simple des avions. Plus de la moitié des élèves ne vont pas s’engager dans des études aéronautiques ou spatiales, dans une professionnalisation. Les autres sont simplement attirés par ces domaines, voir comment cela fonctionne. L’engouement pour l’aéronautique ne faiblit pas. C’est un milieu en avance sur son temps, souligne ce professeur ancien pilote de chasse dans l’armée de l'air, avec beaucoup de recherches qui sont faites, notamment ces dernières années sur la pollution. On se rappelle de Bertrand Piccard et de son Solar Impulse qui avait fait le tour du monde en avion électrique. On travaille à des avions non polluants, au moins par leur combustion. »

Des jeunes pilotes conscients de l’enjeu environnemental

S’il reconnaît toutefois que l’aviation légère reste polluante « et que c’est difficile de se l’avouer », Alexandre Rongemaille rappelle que « l’avion va au-delà d’un simple moyen de transport comme peut l’être la voiture. C’est un moyen d’évasion ». Pour Guillaume Reymann, qui prépare son Tour aérien des jeunes pilotes sur un Cessna mis à sa disposition par l’aéro-club d’Alsace, « les jeunes à présent qui pratiquent l’aviation légère […] sont parfaitement conscients de cette problématique écologique et vont contribuer à une aviation durable qu’on espère beaucoup moins polluante. »

L’aéronautique se veut aussi inclusive. « Chaque année, il y a une vingtaine d’élèves supplémentaire qui s’inscrivent au BIA, note Alexandre Rongemaille. Filles et garçons, même si les garçons restent majoritaires, elles sont de plus en plus nombreuses. » Le lycée privé strasbourgeois a fait le choix de tripler les heures accordées à ce brevet.