Affaire Mia : Le parquet de Nancy se dessaisit au profit du pôle antiterroriste de Paris

ENLEVEMENT L’enlèvement serait une action menée par un groupuscule d’ultradroite baptisé « DW Renversement »

20 Minutes avec AFP
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Dès son arrivée sur le sol français Rémy Daillet a été mis en examen et écroué pour sa participation à l'enlèvement de la petite Mia.
Dès son arrivée sur le sol français Rémy Daillet a été mis en examen et écroué pour sa participation à l'enlèvement de la petite Mia. — Jean-Francois Badias/AP/SIPA

L’enlèvement de la petite Mia dans les Vosges en avril 2021 n’était qu’une des facettes d’un « plan d’actions violentes » menées par un groupuscule d’ultradroite baptisé « DW Renversement » : le parquet de Nancy a ainsi demandé jeudi aux juges d’instructions nancéiens de se dessaisir de l’affaire au profit du pôle antiterroriste du tribunal judiciaire de Paris.

Un plan plus large

« Il est en effet apparu (…) que ces agissements faisaient partie intégrante du plan d’actions violentes du groupuscule d’ultra-droite baptisé « DW Renversement » visant l’État et ses représentations », a précisé le procureur de la République, François Pérain, dans un communiqué.

« En concertation avec le parquet national antiterroriste », la juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Nancy a donc demandé aux juges du pôle antiterroriste du tribunal judiciaire de Paris de reprendre cette affaire qui avait eu un fort retentissement.

Une affaire de 2021

Les juges d’instruction rendront leur décision « dans un délai compris entre huit jours et un mois », a précisé le parquet de Nancy, une décision ensuite « susceptible d’être contestée devant la chambre criminelle de la Cour de cassation dans un délai de cinq jours ».

La petite Mia, 8 ans à l’époque, résidait chez sa grand-mère dans les Vosges quand elle avait été enlevée le 13 avril 2021 par plusieurs hommes à la demande de sa mère, qui n’en n’avait plus la garde et n’avait plus le droit de la voir seule.

Un complotiste au cœur de l’affaire

La mère et la fillette avaient été retrouvées saines et sauves cinq jours plus tard dans un squat en Suisse. Sa mère, Lola Montemaggi, 28 ans, avait été interpellée et mise en examen pour « enlèvement de mineur de moins de 15 ans en bande organisée » et « soustraction de mineur par ascendant hors du territoire de la République ».

Soupçonné d’avoir organisé à distance l’enlèvement de la fillette, Rémy Daillet, figure des milieux complotistes, avait lui été inculpé et écroué mi-juin notamment pour complicité d’enlèvement d’un mineur de 15 ans en bande organisée et association de malfaiteur en vue de commettre le crime d’enlèvement de mineur de quinze ans en bande organisée.

Il avait été arrêté fin mai 2021 sur l’île touristique malaisienne de Langkawi où il résidait avec sa compagne et leurs trois enfants : la Malaisie​ les avait expulsés vers la France car leurs visas étaient expirés. Au total, onze personnes ont été mises en examen dans cette affaire.