Le parlement européen acte la fin des voitures thermiques en 2035

AUTOMOBILE L’objectif de neutralité carbone est fixé à 2050 puisqu’une voiture roule en moyenne 15 ans

20 Minutes avec agences
Une voiture neuve. Illustration.
Une voiture neuve. Illustration. — PublicDomainPictures - PixaBay

A partir de 2035, seuls des véhicules électriques pourront être vendus en Europe. Le Parlement a approuvé ce mercredi, malgré une farouche opposition de la droite, la proposition de Bruxelles de réduire à zéro les émissions des automobiles neuves. Exit donc les moteurs thermiques.

Les eurodéputés, réunis en séance plénière à Strasbourg, ont validé le texte sur la régulation des émissions de CO2 des voitures et camionnettes, qui s’inscrit dans l’ambitieux plan climat de l’Union européenne, par 339 (249 voix contre, 24 abstentions). Ce vote serré détermine la position des eurodéputés avant leurs négociations avec les États membres pour finaliser un compromis.

Les députés divisés

Les voitures représentent au moins 12 % des émissions de CO2 dans l’UE. Le texte adopté reprend aussi les objectifs intermédiaires proposés par Bruxelles : réduction de 15 % des émissions automobiles d’ici 2025 et de 55 % en 2030. Le Parlement n’avait pas réussi plus tôt dans la journée à s’entendre sur une réforme du marché carbone. Mais il a approuvé plusieurs autres textes du paquet climat, dont le relèvement des objectifs contraignants de capture de CO2 par les « puits de carbone » naturels (forêts, usage des terres…).

L’objectif du « zéro émission » automobile a donné lieu, lui, à une âpre bataille, avec un amendement du PPE (droite pro-européenne et première force au Parlement) proposant de viser plutôt une réduction de 90 % des émissions automobiles en 2035. Cela aurait permis de poursuivre la vente de voitures hybrides et, selon le PPE, d’encourager des technologies alternatives. L’amendement a finalement été rejeté de justesse. Pour leur part, les Verts, qui voulaient avancer l’interdiction des moteurs thermiques à 2030, n’ont pas non plus convaincu.

La neutralité carbone pour 2050

« Nous fixons un cap clair à l’industrie en soutenant la fin des moteurs thermiques en 2035, une victoire importante et cohérente avec l’objectif de neutralité carbone pour 2050 », puisqu’une voiture roule en moyenne 15 ans, s’est félicité Pascal Canfin (Renew, libéraux).

Avec treize ans pour changer l’industrie la plus pourvoyeuse d’emplois en Europe, entrer dans l’ère électrique est « une façon de protéger à la fois le climat et les emplois du secteur dans le temps », a relevé Michael Bloss (Verts).


L’ONG Transport & Environment a vu dans la suppression progressive des moteurs à combustion « une opportunité historique de mettre fin à notre dépendance au pétrole ». Et la production accrue de véhicules électriques aidera à faire baisser les prix, selon un de ses responsables, Alex Keynes.

La droite fulmine

De son côté, la droite, qui a logiquement voté contre l’ensemble du texte, s’est alarmée des conséquences industrielles. « Imposer le "zéro émission" reviendrait à condamner tout un pan de l’activité industrielle et pénaliserait fortement les consommateurs », a estimé Agnès Evren (PPE). Elle a fustigé un texte qui « empêchera de commercialiser des véhicules hybrides performants ou des véhicules utilisant des biocarburants », dont la production pourrait s’avérer moins chère que les véhicules électriques.

« C’est une décision contre le marché, contre l’innovation et les technologies modernes, sans admettre qu’il n’y a pas suffisamment d’infrastructures de recharge dans une grande partie de l’Europe » pour les voitures électriques, a fustigé Hildegard Müller, présidente de la puissante fédération des constructeurs allemands VDA. Par ailleurs le texte prévoit que les véhicules de luxe (entre 1.000 et 10.000 voitures particulières immatriculées par an) bénéficient d’une dérogation leur permettant d’être équipés d’un moteur thermique jusqu’en 2036.