Grève : L’aéroport de Paris-Charles de Gaulle annule un quart des vols prévus jeudi matin

REVENDICATIONS Les syndicats réclament une hausse des salaires et attendent des embauches pour soulager la charge de travail

X.R. avec AFP
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Des annulations de vols sont à craindre dans plusieurs aéroports européens cet été, faute de personnels. (illustration)
Des annulations de vols sont à craindre dans plusieurs aéroports européens cet été, faute de personnels. (illustration) — Shutterstock/SIPA

L’aéroport Paris-Charles de Gaulle n’est pas tout à fait paré au décollage, comme le veut la formule. Jeudi, une centaine de vols prévu entre 7 heures et 14 heures sont annulés, en raison d’une grève des personnels qui demandent une hausse de salaire. L’impact sur le trafic, que la DGAC explique avoir « limité », n’est que ponctuel sur cette question, mais il soulève une autre question : celle de la capacité de l’aéroport à assurer tous les vols cet été, au plus fort de la saison touristique.

La grève des salariés est en effet directement liée à la difficile reprise du trafic aérien en Europe après presque deux ans de paralysie liée au Covid-19. Comme plusieurs aéroports européens, mal préparés, celui de Charles de Gaulle manque de personnel. Fin avril, le patron d’ Aéroport de Paris (ADP) Augustin de Romanet avait chiffré à 4.000 le nombre de postes à pourvoir à Orly et Roissy et fait part d’énormes difficultés de recrutement. ADP, qui s’est séparé de 1.300 salariés en 2021 pour traverser la crise, cherche à recruter 600 personnes pour combler les départs.

Une hausse de salaire de 300 euros demandée

La pénurie frappe surtout les techniciens de maintenance, des personnels qualifiés chargés de régler les dysfonctionnements sur les passerelles ou dans le tri des bagages. Autres endroits de tension majeure : les points d’inspection filtrage (PIF) et la police aux frontières (PAF). Les points d’inspection filtrage, où bagages et passagers sont contrôlés, nécessitent environ 5.000 agents pour fonctionner correctement à Roissy et Orly. Selon le Syndicat des entreprises de sûreté aérienne et aéroportuaire (SESA), entre 300 et 500 postes seraient à pourvoir.

A Roissy, la grève des personnels au sol est soutenue par une intersyndicale (CGT, FO, CFDT, CFTC, CFE-CGC, Unsa et SUD), qui réclame 300 euros de hausse de salaire « sans condition, pour toutes et tous ». « Malgré la reprise du trafic et les bénéfices engrangés, notre travail n’est pas rémunéré à sa juste valeur », s’indignent les syndicats dans un tract commun. « Tout augmente, sauf nos rémunérations », dénoncent-ils.

Pour FO, « le chaos subi depuis plusieurs semaines par les salariés travaillant sur les nombreuses plateformes aéroportuaires en France et en Europe est intolérable ». Le syndicat estime à 15.000 le nombre d’emplois perdus en deux ans dans le secteur aérien en raison de la pandémie de Covid-19, ce qui aboutit à des « salariés pressurisés ».