Vacances : Les séjours linguistiques redémarrent cet été après deux ans de secousses

EDUCATION Les séjours en Europe seront plébiscités cet été, et les adolescents de 13 à 17 ans formeront le gros du bataillon des partants

Delphine Bancaud
les voyages linguistiques reprennent après deux ans de Covid.
les voyages linguistiques reprennent après deux ans de Covid. — Canva
  • Après deux années difficiles, les organismes de séjours linguistiques voient enfin les réservations s’afficher pour cet été.
  • L’Angleterre est toujours la destination numéro 1, suivie par l’Irlande et Malte.
  • Et si les séjours linguistiques ont toujours représenté un investissement pour les familles, ce sera encore plus vrai cette année, car les tarifs ont tendance à augmenter.

Fini les vacances 100 % farniente pour les enfants, et surtout pour les adolescents. Car après le coup d’arrêt du Covid-19, la demande de voyages linguistiques redécolle cet été. Une reprise qui s’explique par la volonté des parents de remettre leurs enfants à niveau en langue, sachant que leur pratique orale a été affectée par l’école à distance lors des périodes de confinement ou de fermeture de classe.

« Le séjour linguistique est perçu comme un complément éducatif important pour les parents. Il permet de pratiquer la langue à l’oral dans des situations du quotidien, de donner aux élèves confiance en eux. D’ailleurs, certains se surprennent même à rêver dans la langue qu’ils apprennent à la fin du séjour ! », commente Sabine Bonnaud, déléguée générale de l’Union nationale des organisations de séjours éducatifs, linguistiques et de formation en langues (Unosel), qui fédère 60 acteurs du secteur.

« On relance vraiment la machine cet été »

Et si les parents sont prêts à casser leur tirelire pour offrir un « very good trip » à leurs enfants, c’est qu’ils estiment que la formule est 100 % gagnante : « Un séjour linguistique, c’est le meilleur moyen de progresser rapidement. C’est aussi une expérience humaine dont on se souvient toute sa vie. Car c’est souvent une des premières occasions pour un adolescent de découvrir une autre culture et de développer son autonomie », ajoute Xavier Obert, président de l'organisme Nacel. Les parents hésitent moins à réserver un séjour cette année notamment parce que c’est plus facile et moins risqué : « Les restrictions de voyages liées au Covid-19 sont levées dans la plupart des pays, et les assurances permettent de se faire rembourser ou de différer son séjour en cas de contamination », poursuit Xavier Obert.

Du coup, les chiffres des réservations s’en ressentent, même s’ils n’ont pas encore retrouvé le niveau de 2019. « On relance vraiment la machine cet été. On enregistre 3.600 réservations pour les séjours accompagnés (contre 6.000 en 2019), et 1.350 pour les séjours individuels, contre 1.500 en 2019 », indique Xavier Obert. « L’été s’annonce plutôt bon, même si on est encore loin des chiffres de 2019 (- 38.5 %). Les séjours individuels repartent beaucoup plus vite que les séjours encadrés », observe Sabine Bonnaud.

L’Angleterre, reine des destinations

Où vont partir ces linguistes en herbe ? « Les destinations qui fonctionnent le mieux sont celles situées en Europe. D’autant qu’il est difficile actuellement de refaire son passeport dans beaucoup de villes de France », indique Tony Debord, dirigeant de Totemia.com, plateforme de réservation de séjours linguistiques. L’ Angleterre est toujours la destination numéro 1, suivie par l’Irlande et Malte. Cette dernière étant fort appréciée car elle est moins chère et desservie par des compagnies low cost. L’Espagne, l’Allemagne et l’Italie arrivent loin derrière. En Grande-Bretagne, ce sont « les villes comme Londres, Canterbury, Brighton, Cambridge et Oxford qui sont les plus prisées », observe Tony Debord. Hors Europe, le Canada et les Etats-Unis sont les deux destinations phares pour les collégiens et les lycéens.

La formule la plus répandue reste le séjour accompagné avec cours le matin en école de langue, activités sportives ou culturelles l’après-midi et hébergement collectif ou chez l’habitant. Surtout pour les adolescents de 13 à 17 ans, qui forment le gros du bataillon des partants.  « Les élèves qui s’apprêtent à rentrer en seconde et Terminale sont particulièrement bien représentés, car les parents veulent qu’ils progressent en langue avant la rentrée », constate Sabine Bonnaud.

Un luxe pour beaucoup de familles

La formule en one to one, qui offre une immersion totale dans une famille ou chez un prof, est davantage choisie par des étudiants et des adultes. Mais il existe d’autres types de séjours. Des summer camps, où les enfants et adolescents sont accueillis dans des colonies de vacances anglo-saxonnes, mais sans cours de langue. Des séjours collectifs à thème : foot, rugby, théâtre, comédie musicale… Mais aussi des séjours en France, où les jeunes sont hébergés dans une famille anglo-saxonne ou dans un village de vacances, avec au programme des cours de langue et des activités dans la journée. « Cette formule est souvent choisie pour les plus jeunes, car cela rassure les parents, qui sont souvent en vacances à côté », indique Tony Debord.

Reste que les séjours linguistiques demeurent toujours un luxe que ne peuvent pas s’offrir toutes les familles. D’autant qu’il faut s’attendre à les payer plus cher cette année. « L’augmentation du prix des carburants et des taxes d’aéroport, sans compter l’inflation, explique cette hausse », indique Xavier Obert. Les tarifs sont extrêmement variables selon les organismes, la destination et la formule choisie. « Le panier moyen pour un séjour en Angleterre est compris entre 800 et 1.200 euros la semaine », indique Sabine Bonnaud. Mais en réservant tôt, les parents ont eu le temps d’étudier l’offre et de faire jouer la concurrence.