Guerre en Ukraine : Dans un collège de Nice, les élèves ukrainiens sont « bien intégrés »

REPORTAGE Le collège niçois Roland-Garros fait tout pour que les enfants ukrainiens scolarisés « se sentent le mieux possible » malgré la guerre dans leur pays

Elise Martin
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Yanis vient d'Ukraine et est maintenant scolarisé à Nice
Yanis vient d'Ukraine et est maintenant scolarisé à Nice — E. Martin / ANP / 20 Minutes
  • Depuis le début de la guerre en Ukraine par la Russie, le 24 février, plus de six millions d’Ukrainiens ont fui leur pays, 85.000 réfugiés sont arrivés en France.
  • Au total, ce sont plus de 17.677 élèves qui ont été scolarisés dans des établissements français et c’est l’académie de Nice qui en accueille le plus avec 1.515 élèves.
  • 20 Minutes est allé voir comment se déroulaient les cours des élèves ukrainiens dans un collège de Nice.

« On dit un boulanger et une… ? », questionne le professeur Jafari. Face à lui, une douzaine d’élèves Ukrainiens, de 12 à 16 ans « qui sont de la 6e à la 4e française », précise-t-il. Depuis le début de la guerre, le collège Roland-Garros de Nice​ accueille 27 enfants ukrainiens et a créé une unité pédagogique pour élèves allophones arrivants (UPE2A) supplémentaire spécialement pour eux.

Pour Yanis, 12 ans, cette histoire de féminin/masculin, c’est « difficile ». « Il faut mémoriser. En Ukrainien, ce n’est pas aussi compliqué », lance-t-il. Malgré tout, « c’est un très bon élève », note son professeur. Tout comme Angelina et Kateryna, qui sont rapidement devenues amies et qui sont « très studieuses ». Yanis précise qu’il a aussi des « copains » dans son autre classe.

Atteindre le niveau B1 en un an

« Ils sont vraiment partis de 0. Ils n’avaient jamais eu de cours de français. En plus, ce n’est pas le même alphabet ni la même méthodologie d’apprentissage, souligne le professeur. On a fait une entrée en matière de la langue, on parle aussi du système français et ensuite, je travaille sur mesure. Ils commencent par 18 heures de français par semaine et le reste du temps, ils suivent les autres matières avec leur classe classique. »

L’objectif est d’atteindre le niveau B1 au bout d’un an. « Au début, c’était compliqué parce qu’ils n’étaient pas motivés, continue l’enseignant. Ils attendaient que la guerre finisse. Petit à petit, ils se sont habitués. Il arrive qu’ils me racontent, à travers des textes lors d’exercices, des histoires sur leur vie en Ukraine. C’est le seul moment du cours où on parle éventuellement de la guerre. »

Une culture de l’intégration

Dans cet établissement de 650 élèves, où plus de 50 nationalités différentes sont déjà scolarisées, la règle est de considérer les enfants ukrainiens « comme des élèves lambda » et de ne pas « mettre d’étiquette » pour qu’ils se sentent « le mieux possible ».

« On veut leur permettre d’avoir une vie comme les autres enfants de leur âge ont », indique la principale du collège, Sandrine Courty. Elle précise qu’une assistante sociale et une infirmière ainsi qu’une cellule de veille, qui existait déjà, sont disponibles pour des élèves qui auraient vécu des événements traumatisants.

« Toute l’équipe pédagogique a un traducteur sur le téléphone pour échanger au mieux avec eux, poursuit-elle. Une classe de 6e a même organisé une collecte de dons et fait des panneaux en ukrainien dans le collège pour qu’ils puissent se repérer. On a cette culture de l’intégration à Roland-Garros. Reste à savoir si certains vont repartir ou non ». Une question que tout le monde se pose.

L’académie qui accueille le plus

Depuis le 24 février, six millions d’Ukrainiens ont fui leur pays et 85.000 sont arrivés en France dont surtout des femmes et des enfants. Au total, ce sont plus de 17.677 élèves qui ont été scolarisés dans des établissements français, selon les informations du ministère de l’Education nationale publiées le 27 mai. L’académie de Nice est celle qui accueille le plus d’Ukrainiens avec 1.515 enfants puis viennent celles de Versailles et Grenoble.