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SYNDICATFrédéric Souillot, un «métallo» réformiste pour diriger FO

Election de Frédéric Souillot, un « métallo » réformiste, à la tête de FO

SYNDICATCertains militants s'inquiètent de la ligne trop centriste du nouveau patron de Force ouvrière
Frédéric Souillot est prêt pour le concours de moustache avec Philippe Martinez.
Frédéric Souillot est prêt pour le concours de moustache avec Philippe Martinez. - SAMEER AL-DOUMY / AFP / Pixpalace
G. N. avec AFP

G. N. avec AFP

Du nouveau à FO. Frédéric Souillot a été élu vendredi à la tête de Force ouvrière. Ce « métallo » réformiste de 54 ans, membre du bureau confédéral depuis 2015, a recueilli 87,68 % des suffrages exprimés. Il était dernièrement en charge de l’organisation, du secteur juridique et du personnel. Dans sa lettre de candidature, Frédéric Souillot affirme avoir adhéré à FO en 1994, avoir créé son syndicat chez Schlumberger à Dijon en 1995, et avoir rejoint FO Métaux en 2008 en tant que secrétaire fédéral en charge de la sidérurgie et des métaux de base.

Au-delà de son « look » caractéristique – coupe en brosse, moustache en fer à cheval, anneaux aux oreilles –, Frédéric Souillot est peu connu en dehors de FO, d’autant qu’il a refusé les sollicitations de la presse avant sa désignation. Certains détracteurs décrivent volontiers un homme d’appareil, au fait de tous les arcanes et secrets de l’organisation, propulsé à la tête de FO à la faveur d’une alliance stratégique entre les métallos et certains trotskistes, pourtant bien éloignés idéologiquement.

« C’est un militant parti de la base »

« C’est un militant de terrain, pas un apparatchik », récuse le secrétaire confédéral Michel Beaugas, qui le connaît bien. « Tout comme moi il a commencé dans son syndicat d’entreprise. Il connaît bien le terrain, et depuis qu’il est confédéral il connaît bien l’organisation, mais c’est son travail ! », souligne-t-il. Dans les travées du Congrès, le cheminot Sébastien Poentis partage cette vision : « C’est un militant parti de la base qui peut bien nous comprendre. Il a grimpé les échelons du syndicat, il en comprend bien tous les rouages », dit-il à l’AFP.

Certains s’inquiètent de la capacité de Frédéric Souillot à « incarner » la fonction, tel Christian Grolier, son adversaire jusqu’à mercredi – il a finalement retiré sa candidature. « Vu son parcours, j’ai du mal à l’imaginer dans le mandat de secrétaire général », disait-il en avril à quelques journalistes, pointant le manque d’expérience « des dossiers, de la presse, des discussions à Matignon ». « Je suis convaincu qu’il incarnera bien. […] Ça viendra, tout le monde disait à propos de moi, il est austère, on ne le connaît pas, répond Yves Veyrier. C’est un travail d’équipe. […] On n’est pas forcément tout seul sur les sujets. » Pour Frédéric Homez, patron de FO Métaux, « ce sont de faux prétextes ». « Les dossiers, ça s’apprend et on les travaille », dit-il à l’AFP, rappelant le rôle joué par Frédéric Souillot auprès des pouvoirs publics dans le dossier de l’usine ArcelorMittal de Florange.

Est-il macron-compatible?

Dernier sujet d’inquiétudes pour les opposants de Frédéric Souillot : sa ligne, alors que la métallurgie est le fer de lance du courant « réformiste » du syndicat, réputé plus droitier que les courants « trotskiste » et « anarchiste », et que Frédéric Souillot a le soutien de Jean-Claude Mailly, l’ancien secrétaire général qui s’est rapproché de la Macronie. « Un candidat lutte de classes, un candidat lutte de places ! », a lancé à la tribune Valérie Plouchard, de la Fnec FP-FO (enseignement et culture), pour résumer la bataille entre Grolier et Souillot.

Fabrice Lerestif (anarchiste) a aussi réveillé la torpeur des congressistes en affirmant mardi : « Je ne suis pas rassemblé derrière la direction de la fédération de la métallurgie. Je ne suis pas rassemblé derrière Jean-Claude Mailly, adhérent d’honneur de la fédération de la métallurgie et Macron-compatible ». Frédéric Homez lui a vertement répondu à la tribune mercredi. « On entend beaucoup de choses, "Il ne faut pas un syndicat d’accompagnement, il faut un syndicat de luttes". Mais mes camarades, il faut les deux », a-t-il répondu.

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