Journée mondiale du vélo : A Nantes, les ateliers d’autoréparation en pleine ascension

REEMPLOI Ce vendredi, c’est la journée mondiale de la bicyclette.  « 20 Minutes » fait un tour de France de la pratique du vélo, des bonnes et mauvaises habitudes des cyclistes, des infrastructures pour des déplacements plus sécurisés, etc. Reportage à Nantes dans un atelier d’autoréparation

Julie Urbach
L'Atelier du pignon, atelier d'autoréparation de vélo à Nantes, le 1er juin 2022
L'Atelier du pignon, atelier d'autoréparation de vélo à Nantes, le 1er juin 2022 — J. Urbach/ 20 Minutes
  • Les Nations Unies ont fait du 3 juin la journée mondiale de la bicyclette, l’occasion « d’attirer l’attention sur les avantages de son utilisation – un moyen de transport durable simple, abordable, propre et respectueux de l’environnement ».
  • 20 Minutes s’est donc lancé dans un four de France de la pratique du vélo de Lille à Nice, de Nantes à Strasbourg, via Paris ou Toulouse.
  • Dans la Cité des ducs, les ateliers d’autoréparation, où l’on trouve conseils, outils et pièces détachées, font un carton.

Du cambouis plein les mains et même sur le bout du nez, Malou se concentre. C’est la première fois que la jeune femme de 24 ans entreprend de réparer elle-même la chaîne de son vélo, dont un maillon vient de se casser. Plutôt que de galérer toute seule chez elle ou de confier sa bicyclette dénichée sur Le Bon Coin à un réparateur, cette Nantaise s’est rendue à L’Atelier du Pignon, où des mécaniciens passionnés apprennent au grand public à s’occuper de leur vélo. « C’est impressionnant et on a un peu l’air idiot au départ mais on progresse vite grâce à tous les conseils, assure Malou en souriant. C’est la troisième fois que je viens, j’ai déjà réussi à remplacer un pneu et redresser mon guidon pas droit ! »

Avec l’essor des déplacements doux et les aspirations à une consommation plus responsable, de plus en plus de Nantais franchissent les portes de ces ateliers d’autoréparation, qui poussent aux quatre coins de l’agglomération. Dans le grand hangar de l’un des plus gros, L’Atelier du Pignon situé quai Magellan en bord de Loire et ouvert deux après-midi par semaine, un flux continu de cyclistes en tous genres défilent afin de bénéficier de conseils, de pièces d’occasion à prix libre (les neuves sont vendues à prix coûtant) ou encore d’outils, moyennant une petite cotisation annuelle, de 10 à 40 euros. « Le nombre d’adhérents explose, constate Robin, l’un des trois salariés de l’association, composée d’une trentaine de bricoleurs bénévoles. De 200 il y a quatre ans, on est passés à 720 l’an dernier. Nous pensons atteindre le millier en 2022. »

L'Atelier du pignon, atelier d'autoréparation de vélo à Nantes, le 1er juin 2022
L'Atelier du pignon, atelier d'autoréparation de vélo à Nantes, le 1er juin 2022 - J. Urbach/ 20 Minutes

« On sait à peu près tout régler »

Alexandre, qui vient de récupérer le vieux biclou Peugeot de son grand-père, en fait partie. Plutôt que de payer 100 euros pour refaire les freins à neuf, il a préféré investir un peu de son temps afin de pouvoir, à terme, se rendre au travail en deux-roues plutôt qu’en voiture. Mais pour d’autres, il n’y a de toute façon pas d’autre choix que de venir ici. « Les vélos sont parfois tellement pourris ou âgés que les réparateurs n’acceptent pas de les prendre, poursuit Robin. Nous, avec les pièces de récup, on peut se débrouiller, on sait à peu près tout régler. A tel point que certains vélocistes nous renvoient du monde ! » Les engins électriques, compliqués à réparer et à recycler, ne sont cependant pas les bienvenus.

Car plus qu’un garage, L’Atelier du Pignon se veut un « lieu de vie solidaire » où l’on promeut des valeurs de vivre ensemble et d’écologie, via le réemploi. « Le vélo c’est aussi un moyen de tisser des vrais liens, assure Arnaud, un autre salarié. On a un public précaire qui vient ici, des exilés qui ont besoin d’un moyen de transport. On échange, on leur fait découvrir des métiers manuels… »

Pour Robin, connaître son vélo dans les moindres détails serait même carrément un moyen d’émancipation. « On a de plus en plus d’adhérents au féminin qui ont envie d’apprendre, de se réapproprier leur vélo. » Pour lui, pas de doute : « Costaud ou non, tout le monde est capable. Il suffit de s’investir un peu et d’accepter de ne pas tout réussir du premier coup. »

Où se rendre pour apprendre à réparer son vélo ?

D’autres ateliers existent à Nantes : Vélocampus et l’atelier de réparation collective, à Chantenay. Place au Vélo propose aussi plusieurs plages horaires. Plus petites, certaines associations de quartier s’y mettent aussi comme très récemment à Rezé, avec La Rustine.