Journée mondiale du vélo : Entre « vêtements fluo » et « hypervigilance », les conseils de nos lecteurs pour rouler en toute sécurité

VOTRE VIE, VOTRE AVIS Ce vendredi, c’est la journée mondiale de la bicyclette.  « 20 Minutes » fait un tour de France de la pratique du vélo, des bonnes et mauvaises habitudes des cyclistes, des infrastructures pour des déplacements plus sécurisés, etc. A Paris, nous avons interrogé nos lecteurs adeptes de la petite reine pour savoir comment ils assuraient leur sécurité

Propos recueillis par Guillaume Novello
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Nos lecteurs cyclistes plébiscitent les pistes cyclables pour assurer leur sécurité (illustration).
Nos lecteurs cyclistes plébiscitent les pistes cyclables pour assurer leur sécurité (illustration). — Clément Follain
  • Les Nations Unies ont fait du 3 juin la journée mondiale de la bicyclette, l’occasion « d’attirer l’attention sur les avantages de son utilisation – un moyen de transport durable simple, abordable, propre et respectueux de l’environnement ».
  • 20 Minutes s’est donc lancé dans un four de France de la pratique du vélo de Lille à Nice, de Nantes à Strasbourg, via Paris ou Toulouse. Nous avons demandé à nos lecteurs franciliens leurs techniques pour rouler en sécurité.
  • L’importance d’un équipement complet (lumières, sonnette et casque) est soulignée par nos lecteurs qui conseillent également de fréquenter les pistes cyclables, mais sans oublier de se plaindre du comportement de certains automobilistes.

On y fait du touche-touche. On ne parle pas ici du périph' en heure de pointe, mais bien des nouvelles pistes cyclables de Paris. D’ailleurs, selon les chiffres de la mairie de Paris, l’indice de fréquentation des aménagements cyclables a bondi de 60 % entre 2019 et 2020. Face à cette augmentation et à l’occasion ce vendredi de la Journée mondiale de la bicyclette, nous avons demandé à nos lecteurs cyclistes comment ils assurent leur sécurité quand ils enfourchent leur vélo.

La première disposition qu’ils adoptent est l’équipement. Max qui revendique « 30 ans de vélotaf » énumère les règles à suivre : « Avoir des rétroviseurs sur son vélo (mais se retourner néanmoins si nécessaire), un bon éclairage de nuit et un klaxon avertisseur plus puissant que la sonnette (même si c’est interdit, ça m’a souvent sauvé la vie). » Niveau éclairage, Paul indique être « équipé d’un feu rouge clignotant très puissant, visible de jour à 600 mètres ». Côté vestimentaire, Jérôme « porte des vêtements fluo avec bandes réfléchissantes ». Caroline a, elle, opté pour « le gilet jaune dans Paris​ pour les enfants et moi-même » tandis que Cécile a « investi dans une espèce de harnais constitué de bandes jaunes élastiques réfléchissantes, c’est super léger, pas encombrant et réglable ».

Le casque en pointe

Et surtout signale Alexis, « pas une sortie sans casque bien attaché, car un casque avec les lanières qui pendouillent ne sert à rien ! » Et de fait, même s’il n’est pas obligatoire, nombre de nos lecteurs sont adeptes du casque, comme Jean-Claude pour qui il est « inimaginable de faire du vélo sans ». Toutefois, concède Thibault, « il y a deux freins au port du casque : le style et le fait que ça tienne chaud à la belle saison ». Et on ne peut lui donner tort. Enfin Max prévient qu’il ne faut « pas croire qu’un casque vous sauvera la vie dans une collision avec un véhicule motorisé ».

En parlant de ces derniers, certains contributeurs n’hésitent pas à relancer la guerre vélo/voiture comme Anne (pas Hidalgo, hein) qui assure que « la meilleure mesure de sécurité pour le vélo serait l’interdiction des voitures ». Jérôme est sur la même ligne et assure que « le principal danger, c’est l’attitude agressive d’une large majorité d’automobilistes qui dépassent sans précaution des cyclistes ». Marion « en a ras-le-bol des refus de priorité, notamment des véhicules de livraison ». Pour Olivier, « les voitures accusent les méchants cyclistes de rouler n’importe comment » mais « le problème, c’est que l’on n’a jamais vu un vélo renverser une voiture. Par contre, l’inverse est très fréquent. »

Le Code de la route très suivi

C’est ce qui est arrivé à Alex dans un rond-point : « Un automobiliste a grillé un cédez-le-passage et m’a fauché en tentant ensuite de prendre la fuite. » Pour Bruno, c’est « la conductrice d’une voiture en stationnement [qui] a ouvert malencontreusement la portière quand [il] passait à proximité de son véhicule ». Paul ajoute : « Ayant déjà été plusieurs fois blessé, je sais que sur un vélo nous n’avons aucune autre protection que notre vigilance. »

Marion ne dit pas autre chose. « Consciente de notre vulnérabilité en tant que cycliste, j’essaie de mettre toutes les chances de mon côté : […] hypervigilance et respect du Code de la route ». D’ailleurs la plupart des contributeurs assurent suivre le Code de la route comme Alex qui dit le « respecter scrupuleusement ». David nuance : « Respecter le Code de la route lorsque celui-ci n’est pas source de danger. » Max complète et affirme qu’il faut « comprendre que le Code de la route n’est absolument pas conçu pour assurer la sécurité des cyclistes, ce qui ne va pas dire qu’il ne faut pas le respecter, mais il y a des situations où il faut adapter ».

Mais suivre le Code n’est pas toujours une sinécure comme pour Hélène, à qui il arrive de se « faire engueuler par certains autres cyclistes parce que ça les ralentit d’avoir à attendre derrière moi ». Car il arrive que le vilain petit canard soit bien présent dans la grande famille des cyclistes. « Nous ne sommes pas nombreux à nous arrêter au feu rouge », observe Vincent tandis qu’Alexandre est catégorique : « Les autres vélos sont les véhicules les plus dangereux. »

Son propre vélo peut également être dangereux si mal entretenu, notamment au niveau des freins. Et Jean-Paul, 76 ans, fait ça sérieusement. « Mon vélo, je ne passe pas une semaine sans le contrôler : freins, pneus, explique-t-il. J’ai installé chez moi un atelier, tout est serré à la clé dynamométrique », qui permet de vérifier le couple de serrage des vis, écrous et boulons. Et Hélène pense également à « entretenir régulièrement son vélo à assistance électrique ».

L’enfer de Denfert

Enfin certains cyclistes modifient leur itinéraire pour réduire les risques comme Cécile qui a « découvert des petites rues pour éviter un giratoire trop dangereux ». De même, Vincent se « méfie comme de la peste des places Denfert-Rochereau et Italie qui sont très mal conçues pour les deux-roues ». Mais la solution plébiscitée est le recours aux pistes cyclables. Pour David, l’idéal est de « privilégier les trajets avec aménagement cyclable séparé du flux automobile, quitte à faire des détours ». Mieux pour Caroline, « les pistes cyclables massivement développées ont permis de gagner du temps sur mon trajet, notamment à La Défense ».

Mais les pistes cyclables n’échappent aux critiques acerbes de nos lecteurs. « Malheureusement, il n’existe que très peu d’itinéraires sans discontinuité majeure (pont, rétrécissement où l’aménagement disparaît…) », déplore David. Philippe, quant à lui « évite toutes celles qui ne sont matérialisées que par des bandes peintes sur la route. Une piste cyclable ne devrait JAMAIS être réalisée de cette façon », car elle « donne un faux sentiment de sécurité ». Pour Christian, « il est temps de mettre en place un vrai réseau cyclable ».

Il réclame également un #metoovelo et que « les forces de l’ordre verbalisent les incivilités telles que non-respect des distances de dépassement, stationnement sur piste cyclable, non-respect des sas ». De même, Jean-Paul demande « plus de monde sur le terrain pour inciter les gens à respecter le Code et donc la sécurité ». Ce à quoi tous nos lecteurs cyclistes aspirent.