Journée mondiale du vélo : Est-ce toujours la galère pour faire réparer son deux-roues ?

MOBILITE Ce vendredi, c’est la journée mondiale de la bicyclette. « 20 Minutes » fait un tour de France de la pratique du vélo, des bonnes et mauvaises habitudes des cyclistes, des infrastructures pour des déplacements plus sécurisés, etc. A Strasbourg, ça a longtemps été l’embouteillage pour faire réparer sa monture. Et maintenant ?

Thibaut Gagnepain
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Comment bien entretenir son vélo ? Les trois conseils d'un pro — 20 Minutes
  • Les Nations unies ont fait du 3 juin la journée mondiale de la bicyclette, l’occasion « d’attirer l’attention sur les avantages de son utilisation – un moyen de transport durable simple, abordable, propre et respectueux de l’environnement ». 20 Minutes s’est donc lancé dans un tour de France de la pratique du vélo de Lille à Nice, de Nantes à Strasbourg, via Paris ou Toulouse.
  • Dans la capitale alsacienne, où le vélo est roi, la petite reine a par moments été difficile à faire réparer. Il fallait beaucoup de patience.
  • Et maintenant alors ? « Il y a bien moins de délais », assurent les professionnels du secteur.

« Il n’y a plus de place », « je n’ai pas de rendez-vous possible avant un mois » ou « rappelez à un autre moment, on est débordé »… A la sortie du premier confinement en mai 2020, voilà le type de réponses que pouvaient entendre les clients des magasins de cycles. Surtout à Strasbourg, une des villes françaises les plus vélo-friendly avec ses 600 km aménagés.

« Les gens ressortaient de chez eux et il y avait beaucoup de problèmes d’approvisionnement de pièces », se souvient un responsable d’Esprit cycles, avec deux boutiques dans la capitale alsacienne. « Sans oublier le flux lié au "coup de pouce vélo" lancé par le gouvernement. » Soit une aide de 50 euros par personne pour toute réparation. Le dispositif a été arrêté le 31 mars 2021, visiblement un petit soulagement pour les professionnels du secteur.

« Nous, on ne l’avait pas fait mais en écoutant mes confrères, je ne regrette pas », glisse Antoine, mécanicien chez Cyclable. « Il y avait une administration et une gestion assez lourde. A la virgule près, le dossier pouvait être refusé, complète un concurrent. Franchement, on a certes eu beaucoup de monde mais je me demande si ce n’était finalement pas à perte… »

« Une révision en maximum 24 heures »

Ces nombreux particuliers, dont beaucoup en profitaient pour ressortir la vieille bicyclette du grenier, ne viennent plus profiter de l’aubaine aujourd’hui. Mais les files d’attente se sont-elles réduites pour autant ? « Ça roule beaucoup mieux », ose la métaphore Adrien, de chez Rustine et Burette. « Il y a bien moins de délais. Par exemple en ce moment, chez nous qui fonctionnons par rendez-vous, c’est environ une semaine, deux semaines max d’attente. Le mois dernier, c’était plutôt trois car tout le monde reprenait le vélo avec le soleil. »

Un constat partagé chez les autres réparateurs. Esprit cycles revendique même « une révision en maximum 24 heures » quand Cyclable assure « des créneaux toujours disponibles pour les légères réparations, comme une crevaison car elle ne se prévoit pas ». Mais là, il s’agit de petits travaux. Pour les plus complexes, les délais peuvent s’allonger. La faute à… un manque de pièces. « Pour les chaînes, les disques de frein », parle-t-on d’un côté de l’établi. « Tout ce qui est en lien avec la transmission », évoque-t-on de l’autre. « Globalement, on s’en sort en trouvant des solutions avec d’autres fournisseurs », résume Mehdi, cofondateur et technicien chez ECO Bike, à Illkirch-Graffenstaden.

La faute aussi, à un nombre croissant de néocyclistes. « Si, même à Strasbourg où il y en avait déjà pas mal », corrobore Fabien Masson. Le président de l’association Cadr 67 lie notamment ces conversions aux coûts actuels élevés des carburants. « C’est difficile de donner un chiffre précis du nombre d’utilisateurs aujourd’hui. Mais chaque année, sur le compteur installé place de l’Etoile, on observe par exemple une évolution de 150.000 à 200.000 passages… »

Une formation de mécanicien cycle ouverte

De quoi surcharger encore plus les réparateurs ? « C’est pour ça que je conseille aux gens d’aller dans des ateliers d'autoréparation, répond Fabien Masson. On paie une cotisation annuelle et on peut entretenir à moindre coût. Souvent, ce sont des petites choses à faire sur son vélo. » Des petites choses qui s’apprennent. A la rentrée 2021, une formation de mécanicien cycle a été lancée au lycée Marcel-Rudloff, à Strasbourg.

« Nous avions 24 élèves, douze en apprentissage et autant en formation continue, détaille Valérie Sidoli », qui chapeaute tout ça avec Arnaud Schaeffer. « En septembre, nous allons créer deux promotions supplémentaires, une pour devenir conseiller technique cycle et une de technicien vendeur en produit sport option cycle. Il y a un besoin énorme de ces profils actuellement et très peu de formations. Vous pouvez l’écrire : ceux qui la rejoindront trouveront sans problème du travail. » Le vélo a le vent dans le dos.