Guerre en Ukraine : Réfugiés à Angers, dix artistes de cirque montent un spectacle « engagé et unique »

CREATION La troupe zirka ! se produit à partir de ce mercredi soir près d’Angers, avant une tournée estivale en France

Julie Urbach
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Bob Gvozdetskui fait partie de la dizaine d'artistes
Bob Gvozdetskui fait partie de la dizaine d'artistes — Vyacheslav Iroshnikov
  • Une dizaine de professionnels du cirque réfugiés à Angers donneront ce soir la première représentation d’un spectacle « engagé et unique ».
  • « Emprunt d’espoir et de liberté », il a été monté en quelques semaines grâce au soutien d’Anjou théâtre notamment.

Leur troupe s’appelle zirka ! , qui signifie étoile en ukrainien, symbole de la paix. Ce mercredi est un grand jour pour une dizaine d’artistes de cirque qui ont fui leur pays, il y a à peine trois mois, en raison de la guerre. Sous un grand chapiteau, ces professionnels réfugiés à Angers donneront ce soir la première représentation d’un spectacle « engagé et unique ». D’abord jusqu’à dimanche au parc Terra Botanica, ces acrobates, clowns, jongleurs ou contorsionnistes se produiront ensuite tout l’été aux quatre coins des Pays-de-la-Loire, avant d’autres dates en France et notamment à Paris (La Villette) au mois d’octobre.

Anastasia Mazur fait partie de la dizaine d'artistes
Anastasia Mazur fait partie de la dizaine d'artistes - Vyacheslav Iroshnikov

Monté en quelques semaines, le projet est né dans la tête de Frédéric Couturier, le directeur d’Anjou théâtre. Déjà en contact avec un jongleur ukrainien installé en France il y a quelques années, il a l’idée de proposer d’accueillir en résidence à Angers des artistes « dans la galère », avec le soutien du conseil départemental du Maine-et-Loire. « Certains ont été interrompus en pleine tournée, d’autres cherchaient à partir, et une partie avait déjà réussi à fuir, raconte celui qui est aussi directeur culture et du patrimoine au département. On a pu organiser leur venue, puis on les a aidés pour les procédures, l’hébergement… On ne peut pas imaginer ce que c’est que d’arriver avec son enfant dans les bras et juste un petit sac, après avoir laissé son mari au front. C’est important pour eux de continuer à exercer leur profession, tout en participant à un combat à leur façon. »

La création artistique après la destruction d’un pays

Ces hommes et ces femmes, qui ne se connaissaient que de vue ou de nom pour certains, ont le point commun d’être tous diplômés de l’école de cirque de Kiev. Reconnus dans leur pays mais aussi à l’international, ils ont transformé leurs numéros pour construire un spectacle « emprunt d’espoir et de liberté », entourés de deux metteurs en scène. Massue de jongleur qui prend la forme d’un missile, bruit d’un avion qui se mêle à la musique classique… « On joue sur les métaphores, l’objectif est de répondre à la destruction d’un pays par la création artistique, explique Frédéric Couturier. C’est un spectacle militant mais qui reste grand public. »

Les spectateurs pourront choisir le prix de leur billet, de 10 à 20 euros. L’intégralité des bénéfices sera reversée à des associations qui viennent en aide aux populations ukrainiennes.