30 km/h à Lyon : Deux mois après l’introduction de la mesure, les automobilistes mitigés sur son efficacité

CIRCULATION Le 30 mars dernier, Lyon abaissait à 30 km/h sa vitesse maximale en ville. Nous avons recueilli vos témoignages pour évaluer l’efficacité (ou non) de cette mesure sur la circulation en ville

Jennifer Lesieur
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Même avec de la bonne volonté, il est souvent difficile de se maintenir à 30 km/h en centre-ville (illustration).
Même avec de la bonne volonté, il est souvent difficile de se maintenir à 30 km/h en centre-ville (illustration). — ROMAIN DOUCELIN/SIPA

En réduisant la vitesse maximale à 30 km/h en centre-ville, le 30 mars dernier, la municipalité écologiste de Lyon espérait réduire aussi les accidents et la pollution. Deux mois après la mise en place de cette mesure, l’exaspération des automobilistes est visible, comme le montrent vos retours d’expérience, dans un appel à témoignages lancé par 20 Minutes.

Certains sont rassurés, comme Benjamin, 45 ans, pour qui « cette mesure est efficace : j’ai réduit ma vitesse systématiquement et je suis moins anxieux à l’idée de renverser un piéton, un cycliste ou une personne à trottinette. En plus, j’économise du carburant », dit-il. Sha, 43 ans, trouve aussi que « rouler moins vite, c’est moins de stress car moins de différence de vitesse entre usagers de la route, et moins de bruit ».

Une adaptation tant bien que mal

Si la mesure n’a pas dérangé Pascal, 67 ans, c’est parce que « dans le centre de Lyon on ne peut pas rouler plus vite… » Il trouve que « la circulation est de plus en plus intense, la présence des vélos et des trottinettes électriques sur les trottoirs et les passages piétons sont bien plus dangereux ».

Aurélien, 32 ans, s’adapte comme il peut : « Je roule pour ma part à 40 pour éviter une amende trop salée en cas de contrôle sur les grands axes et j’essaye de respecter au mieux les 30 km/h sur les plus petits axes ». Tout en remarquant que « dans tous les cas, la limitation n’est absolument pas respectée sur les grands axes, et ne fait qu’agacer davantage les conducteurs déjà excédés depuis quelques années. »

Difficile à mettre en place

En effet, rouler à 30 km/h met les nerfs de Jérôme, 58 ans, à rude épreuve : « Je ne passe pas mon temps rivé sur le compteur, surtout qu’il faut une attention démultipliée pour les vélos. Et je ne respecte pas les 30 quand je suis sur des endroits de circulation importante où la fluidité est attendue. »

Pour Aurélien, 34 ans, ces 30 km/h sont « problématiques, avec des trottinettes électriques et des vélos qui roulent parfois à la même vitesse, d’autant plus en doublant par la droite. On se retrouve avec des situations dangereuses, sans compter la perte d’attention avec la monotonie et l’énervement que ça engendre ». « Prenez les quais de Saône et l’on n’arrête pas de jongler entre 30 et 50 km/h », remarque Pascal, 62 ans : « Les moteurs souffrent et on pollue sûrement plus qu’à 50 ! »

Rouler moins vite polluerait davantage

Gaël, 36 ans, est enseignant de la conduite et de la Sécurité routière. Pour lui, cet abaissement de la vitesse est « inutile : avec l’encombrement on n’allait pas plus vite ». Il souligne « des incohérences pas possibles » et « une surconsommation polluante et onéreuse ». Monder, 29 ans, trouve également cette mesure « contre-productive : « Je suis soit en fond de 2ème soit en début de 3ème, je maltraite mon moteur et cause plus de bruit lorsque je reste sans passer de vitesse, et cause donc plus de pollution. »

Enfin, pour Jean-Marc, 74 ans, « ce n’est pas en freinant les voitures, en réduisant les espaces de circulation et les places de stationnement que la situation de l’air s’améliorera sans augmenter les services publics de métro ».

Le problème de la circulation en ville reste inchangé : « Respectant moi-même le 30, je me fais doubler, parfois de manière dangereuse, coller ou klaxonner », avoue Emmanuel, 49 ans : « Plus que la limitation de la vitesse, c’est le contrôle du respect du Code de la route qui aurait dû être amélioré. »