Pouvoir d’achat : Le moral des ménages français continue de se dégrader en mai

PETITE FORME Selon l’indice de l’Insee, les ménages français sont moins heureux qu’au pire de la crise du Covid-19

X.R. avec AFP
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Globalement inquiets pour l'avenir, les Français ont tout de même trouvés quelques motifs d'espoirs en mai.
Globalement inquiets pour l'avenir, les Français ont tout de même trouvés quelques motifs d'espoirs en mai. — Pixabay

En mai, fais ce qu’il te plaît, dit le dicton. Pour de nombreux ménages français, les sources de plaisir ont tout de même été limitées. Selon l’Insee, leur moral s’est dégradé au cours du mois, s’établissant à 86, soit quatorze points en dessous de la moyenne de long terme, basée sur la période comprise entre janvier 1987 et décembre 2021. Les Français restent aussi inquiets qu’en mars et en avril de l’évolution de leur situation financière personnelle, et ne sont pas plus optimistes pour leur entourage. « La part des ménages qui considèrent que le niveau de vie en France va s’améliorer au cours des douze prochains mois baisse » de cinq points par rapport à avril, détaille l’Insee.

Cet effritement du moral est toutefois moins prononcé qu’en mars et avril, et plusieurs composantes de l’indicateur sont en amélioration : le solde des ménages estimant opportun de faire un achat important progresse ainsi d’un point, « après une forte baisse en avril ». La part des ménages qui s’attendent à une accélération des prix au cours des douze prochains mois plonge de 15 points, presque autant qu’en avril (-16 points), après une envolée de 54 points en mars. Les ménages sont nettement plus confiants quant à l’évolution du chômage : « le solde correspondant diminue de quatre points, demeurant ainsi à un niveau très bas ».

Un niveau plus bas qu’au pire de la crise Covid

Mais la situation n’a rien de rose dans l’esprit des Français. Pour Mathieu Plane, directeur adjoint du département analyse et prévision de l’OFCE, « on est dans une situation plus dégradée que lors du choc Covid », et « au-dessous » « de la forte dégradation lors de la crise des " gilets jaunes" ». Selon les données communiquées mercredi par l’Insee, l’indicateur mesurant le moral des ménages était descendu à 88 points en décembre 2018 et à 89 points en novembre 2020, les points bas de ces deux crises.

De plus, les mois de mai électoraux sont traditionnellement des périodes lors desquelles « le moral des ménages a tendance à monter, sur l’idée de nouvelles perspectives, avec un nouveau programme », relève l’analyste. Mais, en 2022, « on est dans un climat extrêmement incertain », et « il y a peu de chances que les choses s’améliorent beaucoup » à court terme, selon lui.

Pour soutenir le pouvoir d’achat, « l’Etat a fait pas mal avec le "quoi qu’il en coûte", puis le bouclier tarifaire, qui est une sorte de "quoi qu’il en coûte" énergétique. Mais jusqu’où ça peut tenir ? », s’interroge encore Mathieu Plane. Dans le même temps, « on voit bien que les entreprises ne sont pas forcément disposées à augmenter beaucoup les salaires », dit-il. « Ce sont certainement les ménages qui encaissent le choc. »