Logement : Beaucoup trop d’erreurs dans les nouveaux diagnostics de performance énergétique

IMMOBILIER Après avoir mené l’enquête, « 60 millions de consommateurs » réclame une meilleure formation des diagnostiqueurs

20 Minutes avec agences
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La fameuse évaluation thermiques des bâtiments, la DPE. (illustration)
La fameuse évaluation thermiques des bâtiments, la DPE. (illustration) — JAUBERT/SIPA

Le magazine 60 millions de consommateurs réclame une meilleure formation des diagnostiqueurs de performance énergétique, après en avoir testé sur plusieurs maisons et constaté des écarts substantiels d’un professionnel à l’autre. Le diagnostic de performance énergétique (DPE), qui classe les logements de A à G en fonction de leur consommation d’énergie et de leur impact sur le climat, est obligatoire dans les logements destinés à être habités.

Entre 2023 et 2028, les logements les moins bien classés seront progressivement interdits à la location. L’objectif est d’inciter à leur rénovation, l’usage des bâtiments représentant un cinquième des émissions de gaz à effet de serre de la France. Pour son test, réalisé en février et mars 2022, 60 millions de consommateurs s’est associé aux propriétaires de quatre maisons, à Toulouse, Corbeil-Essonnes, en banlieue de Bordeaux et dans un village de Haute-Garonne.



« Des erreurs en pagaille »

Chaque propriétaire a sollicité cinq diagnostiqueurs différents et le magazine a eu recours en plus à un expert indépendant. Or, les DPE réalisés comportent « des erreurs en pagaille », souligne Fanny Guibert, cheffe de rubrique au magazine, avec parfois des écarts de deux catégories de l’un à l’autre. Date de construction erronée, nombre de portes ou de fenêtres mal évalué, pompe à chaleur oubliée… « Sur la partie données, les diagnostiqueurs ne font pas un assez bon boulot », a-t-elle jugé.

Depuis juillet 2021, les critères des DPE ont changé et ceux-ci sont désormais opposables, c’est-à-dire qu’il est possible de saisir la justice s’ils comportent des erreurs. Les changements conséquents qu’avait suscités la réforme dans le classement de certains logements avaient conduit le ministère à y apporter, à l’automne 2021, des corrections à la hâte. « On a vérifié les dates de formation des diagnostiqueurs qui ont réalisé les DPE, et souvent elles étaient antérieures à la réforme », a noté Virginie Potiron, juriste à 60 millions de consommateurs.

Le magazine, qui s’est adressé au ministère de la Transition écologique, dont le logement fait partie des attributions, réclame donc une meilleure formation des professionnels. « Oui, nous avons à mieux normer, à mieux encadrer, d’abord pour qu’il y ait moins de fraudes », a répondu la ministre Amélie de Montchalin interrogée à ce sujet sur France Inter. « On a fait un gros travail de normalisation et de contrôle. Et donc sur ce sujet, il faut effectivement qu’il y ait des pratiques beaucoup plus homogènes », a-t-elle ajouté.