Elie Buzyn, survivant de la Shoah, est mort à 93 ans

DISPARITION « Il était entouré de sa famille », a précisé sa fille Agnès Buzyn, ancienne ministre de la Santé

20 Minutes avec AFP
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Elie Buzyn, survivant de la Shoah, en 2015.
Elie Buzyn, survivant de la Shoah, en 2015. — Lionel BONAVENTURE / AFP

Avec ses compagnons survivants de l’horreur, « épaves humaines dont on disait qu’elles allaient mettre vingt ans à mourir », il s’était fait une promesse : « Tenir tant qu’on peut ». Elie Buzyn, survivant de la Shoah, est mort ce lundi matin à l’âge de 93 ans, a annoncé sa fille Agnès Buzyn. « Il est décédé ce matin. Il était entouré de sa famille », a précisé l’ancienne ministre de la Santé.

« Il a fait un malaise hier [dimanche] soir juste après une conférence de témoignages, où il était avec des jeunes pour "passer le relais", une conférence, qui a été très émouvante, très bouleversante, qui l’a beaucoup touché », a-t-elle ajouté. « Il a transmis le relais avec une constance et une détermination incroyable jusqu’au bout », a affirmé le grand rabbin Haïm Korsia.

« Jusqu’au bout, il a porté la parole »

« Immense témoin de la Shoah et infatigable combattant de la mémoire Élie Buzyn, nous a quitté », a également écrit sur Twitter Francis Kalifat, président du Conseil représentatif des institutions juives (Crif).



« Jusqu’au bout, il a porté la parole des victimes de la barbarie nazie », a-t-il ajouté, soulignant : « Sa mémoire nous oblige ». « Nous apprenons avec une grande tristesse le décès d’Elie Buzyn », a également tweeté la Fondation pour la mémoire de la Shoah.

Rescapé d’Auschwitz

Ce rescapé du camp d’Auschwitz , né en Pologne le 7 janvier 1929, avait été arrêté en août 1944 dans le ghetto juif de Lodz où sa famille était parquée. En 1956, il s’installe en France, où il deviendra chirurgien orthopédique et épousera une psychanalyste de renom, Etty Buzyn (née Wrobel), spécialiste de la petite enfance.

Après la guerre, il s’était longtemps tu, mais s’est ensuite employé à transmettre la mémoire de la Shoah. Il appelait les jeunes à être « des témoins des témoins » et avait accompagné des groupes scolaires conduits chaque année par le grand rabbin de France Haïm Korsia.