Lyon : A Eurexpo, transformé en église géante, la lyonnaise Pauline Jaricot est devenue la « bienheureuse »

BEATIFICATION Ce dimanche à Eurexpo, Pauline Jaricot a été béatifiée lors d’une cérémonie réunissant 12.000 personnes. Parmi elles, des fidèles de Lyon et du monde entier sont venus rendre hommage à leur « petite sœur des pauvres »

Jennifer Lesieur
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Eurexpo, plutôt réservé aux foires et salons professionnels, a accueilli une bienheureuse et ses fidèles le 22 mai.
Eurexpo, plutôt réservé aux foires et salons professionnels, a accueilli une bienheureuse et ses fidèles le 22 mai. — J.L. / 20 MINUTES
  • Fondatrice de l'œuvre de la Propagation de la Foi et du Rosaire vivant, la lyonnaise Pauline Jaricot (1799-1862) a été béatifiée ce dimanche 22 mai près de Lyon.
  • Le centre d'expositions Eurexpo, à Chassieu, a été choisi pour accueillir 12.000 fidèles, 300 prêtres et 20 évêques catholiques venus du monde entier.
  • Une cérémonie émouvante a réuni un public diversifié, donc beaucoup ont un souvenir personnel avec celle que l'on appelle désormais la bienheureuse Pauline Jaricot.

« Nous concédons la faculté que la vénérable servante de Dieu, Pauline Marie Jaricot, créatrice de l’œuvre de la Propagation de la Foi et du Rosaire vivant, soit appelée désormais du nom de bienheureuse, et qu’elle puisse faire l’objet d’une célébration le 9 janvier de chaque année. » Douze mille personnes applaudissent ce mot du pape François, lu par une fidèle à Eurexpo, près de Lyon, transformé pour l’occasion en église géante.

Ce dimanche, Pauline Jaricot (1799-1862) devient ainsi « bienheureuse », pour l’ensemble de son œuvre chrétienne. Et aussi pour avoir intercédé dans la guérison miraculeuse d’une petite fille, Mayline Tran, devenue une adolescente en pleine santé, présente dans la salle. C’est cette guérison qui a lancé le long processus de béatification de Pauline Jaricot, accordé par le pape François et officialisé aujourd’hui par son représentant, le cardinal philippin Tagle.

300 prêtres et 20 évêques pour une cérémonie humaniste

Madeleine se rassoit en essuyant une larme. Cette aide-soignante villeurbannaise a un portrait de Pauline Jaricot dans son portefeuille. « On me l’a donnée quand j’étais petite, au catéchisme, parce que j’avais bien appris une prière… que je ne pourrais plus vous réciter aujourd’hui ! » rit-elle. Croyante, « pratiquante mais pas tout le temps », elle a longtemps cherché sa voie, avant de s’inspirer de la vie de la jeune fille sur l’image.

« J’ai fait de l’humanitaire au Mali, au Cameroun. Et puis en rentrant à Lyon après une mission, j’ai rencontré mon mari, j’ai eu mes enfants, et je ne suis plus partie. Mais Pauline est toujours restée dans mon cœur, elle me suit partout », dit-elle en tapotant son sac à main.

Dans cette salle plutôt réservée aux foires et salons professionnels, une messe pas comme les autres se déroule. 300 prêtres et 20 évêques venus du monde entier sont autour de l’autel. Des chants d’une grande beauté, peu conventionnels, résonnent. Des enfants s’échappent des rangées pour jouer, derrière des bannières remerciant « Pauline, notre petite sœur des pauvres ». En y ajoutant les écrans géants, la retransmission en direct et la boutique de souvenirs, on se croirait presque à un concert.

Pour les fidèles, une figure « à la fois simple et extraordinaire »

A la sortie, nous abordons une famille. Bonne pioche : la jeune fille s’appelle Pauline. « Ça prend un peu de sens, que je sois venue aujourd’hui ! » s’amuse-t-elle, avant d’ajouter : « C’est aussi une grande figure lyonnaise, et des messes comme ça, avec autant de monde, on ne voit pas ça tout le temps ».

Sa mère confirme qu’elle n’a pas donné ce prénom à sa fille par hasard : « Pauline Jaricot, c’est presque une sainte. C’est une figure que j’aime, étant lyonnaise, mais surtout parce qu’elle est à la fois simple et extraordinaire », dit-elle. Son père a trouvé la cérémonie plus accessible qu’une messe traditionnelle. « Le public peut se sentir appelé, même s’il n’est pas forcément croyant », acquiesce la mère de la jeune Pauline.

Dans le tramway qui quitte Eurexpo, les passagers emportent tous une nouvelle image de Pauline Jaricot. Celle-ci, imprimée sur un petit sac en tissu, est juste un peu trop grande pour être gardée dans un portefeuille.