Festival de Cannes : Des personnalités ukrainiennes demandent une exclusion totale des Russes

GUERRE « Nous pensons vraiment que tout ce qui est russe doit être effacé » du Festival de Cannes, ont dénoncé des participants ukrainiens ce jeudi

20 Minutes avec AFP
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La présence en compétition du film du réalisateur russe Kirill Serebrennikov (à g.) est dénoncée par les participants ukrainiens du Festival de Cannes
La présence en compétition du film du réalisateur russe Kirill Serebrennikov (à g.) est dénoncée par les participants ukrainiens du Festival de Cannes — Petros Giannakouris/AP/SIPA

« Nous pensons vraiment que tout ce qui est russe doit être effacé. » Andrew Fesiak, un producteur et d’autres représentants du cinéma ukrainien ont demandé ce jeudi à Cannes l’exclusion totale des films russes à l’international, y compris ceux de Kirill Serebrennikov, au lendemain de l’ouverture par ce dernier, en rupture avec le régime, de la compétition.

« Les cinéastes russes ne peuvent pas prétendre que tout va bien et qu’ils n’ont rien à se reprocher, au moment où les Ukrainiens sont forcés d’arrêter de faire des films parce qu’ils doivent, ou fuir pour sauver leur vie, ou prendre les armes », a encore affirmé Andrew Fesiak, lors d’une conférence hébergée par le pavillon américain au Marché du film.

Au sujet de la présence en compétition du film La femme de Tchaïkovski, il a estimé que son réalisateur « Serebrennikov n’est pas un opposant, pas du tout », rappelant que « toute sa carrière a été financée par l’argent du gouvernement russe ». Le réalisateur est désormais installé à Berlin

Il n’existe pas de « bons Russes » en ce moment

Le Festival de Cannes a décidé de ne pas accueillir de représentation officielle russe ni de Russes qui défendent la ligne du Kremlin. Mais son délégué général Thierry Frémaux a défendu l’idée d’accueillir des dissidents russes. « Il y a des Russes artistes, journalistes, qui ont quitté la Russie, a-t-il dit lundi. Kirill Serebrennikov est un homme qui a considéré que s’il ne quittait pas la Russie, il se rendait complice de cette guerre ».

Thierry Frémaux avait précisé en ouverture du festival que l’idée d’un « boycott total » avait été demandée « non pas par les autorités ukrainiennes mais par des ultras, des gens qui sont très radicaux ». « C’est une position que je peux comprendre […] parce que ce sont des gens qui sont sous les bombes », avait-il également reconnu.

Andriy Khalpakhchi, le directeur du Festival du film de Kiev Molodist, a répondu jeudi que selon lui, il n’existe pas de « bons Russes » en ce moment. Pour lui, Kirill Serebrennikov « aurait dû prendre la décision de lui-même de ne pas participer au Festival de Cannes ».