Lyon : Le « véritable cauchemar » des automobilistes coincés sept heures sur l’autoroute A7 sans eau et sous la canicule

TEMOIGNAGES L’accident survenu mercredi en fin de matinée sur l’autoroute A7, près de Lyon, a engendré des embouteillages monstrueux et provoqué la colère des automobilistes

Caroline Girardon avec Lucas Marcellin
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Des automobilistes dans les bouchons sur l'A7 le 4 juillet 2015 entre Lyon et Vienne
Des automobilistes dans les bouchons sur l'A7 le 4 juillet 2015 entre Lyon et Vienne — PHILIPPE DESMAZES AFP
  • L’accident survenu mercredi matin sur l’autoroute A7 a totalement paralysé le trafic dans la région lyonnaise.
  • Certains automobilistes sont restés coincés pendant sept heures dans les embouteillages sans eau.
  • Ils témoignent auprès de 20 Minutes.

Une situation apocalyptique. La collision entre un poids lourd transportant des matières dangereuses et une voiture, survenue mercredi en fin de matinée sur l’autoroute A7 à hauteur de Chasse-sur-Rhône, a entraîné la fermeture de l’ouvrage et de monstrueux embouteillages. Sabine, 42 ans, qui travaille à l’hôpital femme mère enfant de Bron, a dû prendre son mal en patience pour rentrer chez elle, à Chanas ( Isère). Loin de se douter du calvaire qui l’attendait.

« J’ai vu les panneaux indiquant qu’il fallait suivre la direction de Grenoble, ce que j’ai fait. Mais à Saint-Priest, tout était bouché. Je suis restée 2h30 à l’arrêt, témoigne-t-elle. Ensuite, j’ai voulu prendre la sortie Ternay pour bifurquer en direction de Vienne. Et là, pareil, impossible d’avancer. » La panique la gagne : « Je n’avais quasiment plus d’essence, plus de batterie sur le téléphone, je ne pouvais prévenir personne. Ça a été un cauchemar ». Cauchemar qui s’est poursuivi à l’entrée de Vienne, où elle a tenté d’emprunter des petites rues pour éviter les embouteillages monstrueux. Au final : « 4h30 pour rentrer au lieu d’une heure quand je passe par la nationale. »

Six heures sans eau sous la canicule

Dylan, 18 ans, a lui aussi failli craquer. Six heures d’attente sur l’autoroute. Six heures pour effectuer une poignée de kilomètres. « C’était compliqué. Il faisait 34 degrés au soleil. Sur Internet, ils disaient qu’il y avait une distribution d’eau mais on n'en a jamais vu », explique-t-il. Originaires de Montélimar (Drôme), le jeune homme et ses amis avaient prévu de se rendre sur Lyon pour assister le soir au même au concert de PNL. « On est rentré sur l’autoroute à midi, on est ressorti à 18h. Quand on a su que le concert était finalement annulé, on s’est demandé ce que l’on faisait là », poursuit-il.

La petite bande a néanmoins poursuivi sa route jusqu’à Lyon, où elle avait loué des chambres d’hôtel. « Au total, on a mis plus de 7 heures au lieu d’une heure et demie… Mais on a tenu avec la musique et au mental », sourit-il.

« L’accident s’est produit à 11h30, les entrées d’autoroute n’étaient toujours pas condamnées à 13 heures », enrage Laurent sur Twitter. Lui aussi est resté coincé de longues heures, mettant trois heures pour effectuer 8 kilomètres.

« Quatre heures pour faire 60 kilomètres… Record battu », ironise à son tour Adèle qui a vu des automobilistes tenter de faire demi-tour avant le péage de Reventin-Vaugris. « Certains ont été obligés de partir à pied chercher de l’eau chez des riverains ou auprès d’entreprise située à proximité.»

« Si j’avais su, je serais restée sur Lyon où j’ai de la famille », appuie Sabine qui n’avait eu connaissance de l’accident avant de quitter son travail. « Je ne comprends pas qu’aucun itinéraire bis n’ait été mis en place. Vraiment, je l’ai très mal vécu », ajoute-t-elle.