Shein responsable de 22 % des émissions CO2 des adolescentes françaises

FAST FASHION L’étude publiée ce jour par Teenage Lab by Pixpay montre que si les jeunes adoptent de bonnes pratiques écologiques, ils se laissent facilement tenter par les bas prix

20 Minutes
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Au Ghana, les vieux vêtements jetés s'entassent.
Au Ghana, les vieux vêtements jetés s'entassent. — Muntaka Chasant//SIPA

Si les jeunes adoptent quelques bonnes pratiques, ils montrent aussi que la tentation des prix bas et la quête du dernier vêtement tendance ont parfois (souvent) raison des préoccupations écologiques. Telle est la conclusion tirée par Teenage Lab by Pixpay, la carte de paiement des ados copilotée par les parents, qui dévoile aujourd’hui son étude sur l’impact carbone des habitudes conso de la jeune génération.

Une étude menée en réponse au « How dare you ? » lancé par Greta Thunberg aux Nations unies, alors que la jeunesse exhorte les adultes à agir concrètement contre le réchauffement de la planète.

Shein et la mode en mauvais élèves

La mode est dans le tiercé des industries les plus polluantes au monde. Elle produit 10 % des émissions mondiales de CO2 et près de 20 % des eaux usées. Et pourtant, alimentés par les influenceurs mode, même les ados les plus écosensibles finissent par succomber à la frénésie du shopping dans les succursales des grandes chaînes. Résultat : en accaparant 17 % de leur budget, la mode est responsable de 28 % du total de leurs émissions de CO2, loin devant la visite au supermarché, les achats autos-motos et l’arrêt au fast-food du coin. Par comparaison, les seniors, eux, ne consacrent que 4 % de leur budget à l’habillement.

Shein, géant chinois de la fast fashion, n’y est pas pour rien. Il pèse à lui seul 12 % du total de CO2 émis par les ados (et même 22 % du total du CO2 émis par les adolescentes). « Entre la planète et un crop top à 4,99 euros, mon cœur balance… », ironise le Teenage Lab dans la présentation de son étude.

L’étude conclut également que c'est le mode de consommation desjeunes femmes qui a une incidence plus importante sur le climat, mode oblige. Une adolescente émet en moyenne 0,40 kg de CO2 par euro dépensé, quand un adolescent, lui, n’en émet « que » 0,32. Cela étant dit, il semblerait qu’à l’âge adulte, les choses s’inversent, les hommes lâchant leur console pour se passionner pour l’automobile.

Les adolescents ont tout de même une âme écolo

Teenage Lab affirme que les jeunes ont « bien compris au fond d’eux-mêmes qu’ils participent à un modèle tout sauf responsable et encore moins durable ». Mis devant leurs contradictions, six sur dix se déclarent ainsi prêts à réfréner leur fièvre acheteuse

A noter également que les adolescents ne se contentent pas de faire la leçon de morale aux plus anciens. Plus que le reste de la population, les jeunes générations se saisissent des alternatives à l’achat neuf et s’adonnent de plus en plus à la seconde main. 13,5 % d’entre eux ont déjà fait au moins une transaction sur Vinted, désormais 8e marchand préféré des utilisateurs Pixpay.

Autre point positif, les ados ont une pratique des transports bien plus écologique que leurs aînés. Selon l’étude, ils privilégient bien souvent la marche et sont plus ouverts aux mobilités douces, comme le vélo, les transports en commun ou le covoiturage : 47 % des 15-17 ans ont déjà eu recours à ce dernier contre 33 % dans le reste de la population.

« Finalement, les ados se font l’écho des contradictions de leurs parents et de leurs grands-parents avant eux.. Comme en 1968, la jeunesse veut sincèrement changer le monde, mais reste vulnérable aux pièges tendus à notre nature de consommateur hédoniste, attiré par la nouveauté et l’achat facile », conclut Caroline Ménager, cofondatrice de Pixpay et responsable du Teenage Lab.