Loire-Atlantique : Dans l'ex-hôpital psychiatrique, l'escape game de l'horreur « va encore plus loin »

FRISSONS L'escape game à succès du Bignon a commencé son installation dans l'ancien hôpital de Montbert, à l'abandon depuis une dizaine d'années

Julie Urbach
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L'ancien hôpital psychiatrique de Montbert abrite des salles d'escape game
L'ancien hôpital psychiatrique de Montbert abrite des salles d'escape game — J. Urbach/ 20 Minutes
  • Depuis six ans, l'escape game du Bignon cartonne grâce à ses scénarii inspirés des pires films d'horreur, joués par des comédiens.
  • Il a récemment commencé à déménager dans l'ancien hôpital psychiatrique de Montbert, rebaptisé le Sanatorium.

Les lieux sont oppressants. « Stressants et glauques », dit même un récent visiteur, qui a heureusement réussi à s’en sortir vivant. Depuis quelques semaines, de terrifiantes scènes se déroulent dans l’enceinte de l’ancien hôpital psychiatrique de Montbert, au sud de Nantes. C’est dans ces locaux désaffectés depuis une dizaine d’années que l’escape game de l’horreur à succès du Bignon, à quelques kilomètres de là, a trouvé son nouveau terrain de jeu. « Avec le Sanatorium, on va encore plus loin, encore plus fort, prévient Christophe Marchand, le gérant des lieux. On ne s’est donné aucune limite. »

Dans ces trois vastes bâtiments, acquis par la société Nant’escape, l’odeur de renfermé et les moisissures aux murs n’ont rien d’artificiel. L’ancienne morgue, que les plus courageux devront utiliser, et les barreaux rouillés aux fenêtres, qui feront flipper les claustro, non plus. Une évidence quand Christophe et son équipe de 14 salariés ont visité les lieux. « Il y a une âme, c’est très chargé, c’est ce qui permet d’immerger immédiatement les joueurs », assure-t-il. Par équipe, ces derniers ne se contentent pas ensuite de résoudre des énigmes, dans la pénombre, pendant la partie qui dure ici une heure et demie. Médecins détraqués, scientifiques sadiques, clowns inquiétants…, plusieurs comédiens (ils sont une cinquantaine d’artistes au total) interviennent dans l’intrigue, jusqu’à jouer « une véritable pièce de théâtre avec les gens ». Le tout aidé par des mécanismes, bruitages, et autres effets spéciaux de plus en plus poussés, dignes des pires films d’épouvante.

Christophe Marchand est à la tête de Nant'escape
Christophe Marchand est à la tête de Nant'escape - J. Urbach/ 20 Minutes

Le manoir vit ses derniers jours

C’est la recette qui a fait la renommée du manoir Hermann du Bignon, qui attire en moyenne 2.000 joueurs par mois et venus de toute la France depuis son ouverture il y a six ans. Mais cet étrange bâtiment, propriété de la ville, doit prochainement être rasé pour laisser place à un programme de logements pour seniors, ce qui a poussé l’escape game, au départ prévu pour être une animation éphémère, à déménager à Montbert. En attendant, jusqu’au 31 juillet, date de fermeture, les curieux vont continuer à débarquer au Bignon pour s’essayer à l’Orphelinat, l’Asile ou le Laboratoire (entre 35,50 et 39,50 euros par personne), et ce même si certains, comme plusieurs dizaines depuis le début paraît-il, n’arriveront peut-être pas à retenir leur vessie face à ces coups de stress si intenses…

« La peur est super intéressante car elle ouvre un panel d’émotions très large, estime Christophe Marchand. Pour s’en protéger, on s’entraide, on rit beaucoup. Ça interroge aussi la notion de courage, de ses propres limites… C’est ce qui est super intéressant, avec le jeu qui est primordial dans la vie. » Le site de Montbert, interdit aux personnes fragiles, femmes enceintes, mais aussi aux moins de 18 ans en raison de la violence de certaines scènes, propose actuellement deux intrigues, dont « La Traque », qui prend la forme d’un cache cache géant, version film d’horreur. D’ici à la fin de l’année, le Sanatorium abritera deux nouveaux scénarii ainsi qu’une salle de réalité virtuelle.