Lyon : Marion Maréchal quitte la direction de son école de sciences politiques, afin de « préserver son indépendance »

EXTREME DROITE Vice-présidente du parti Reconquête, l’ex-député FN dirigera désormais le pôle réseau professionnel de l’Issep, qu’elle a cofondée en septembre 2018 à Lyon

J.Lau. avec AFP
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Marion Maréchal, ici le 8 avril lors d'un meeting d'Eric Zemmour à Paris.
Marion Maréchal, ici le 8 avril lors d'un meeting d'Eric Zemmour à Paris. — Alfonso Jimenez//SIPA

Marion Maréchal va prendre du recul avec l’Issep. L’ex-députée FN, ralliée depuis mars à Eric Zemmour, renonce en effet à son poste de directrice générale de l’école de sciences politiques qu’elle a cofondée à Lyon il y a près de quatre ans. Elle vient d’annoncer lundi sur son compte Twitter qu’elle allait cependant y garder des fonctions.



« Aujourd’hui, j’ai une activité politique avec Reconquête et je suis très attachée à l’indépendance de l’école, à sa dimension apartisane, au fait que ce soit un projet éducatif exclusivement, explique la nièce de Marine Le Pen. Donc pour préserver cette indépendance, cette séparation, j’ai décidé de renoncer à ma fonction de directrice générale. »

338 inscriptions à l’Issep de Lyon depuis septembre 2018

Marion Maréchal, qui est devenue vice-présidente du parti Reconquête aux côtés d’autres transfuges, tels l’ex-LR Guillaume Peltier et l’ex-RN Nicolas Bay, dirigera désormais le pôle réseau professionnel de l’établissement. La direction générale de l’Institut de sciences sociales, économiques et politiques (Issep) sera assurée par son ancien adjoint, Thibaut Monnier, également cofondateur de cette école, qui a ouvert une antenne à Madrid en 2021. La petite-fille de Jean-Marie Le Pen avait lancé cette école de sciences politiques en septembre 2018 à Lyon avec pour objectif de former une « nouvelle élite politique » et de défendre « l’enracinement » et « l’identité culturelle ».

L’établissement propose des « magistères » bac + 4 et bac + 5 en sciences politiques et management de projet ainsi qu’une formation continue pour préparer ses élèves « à exercer des fonctions de direction dans l’entreprise ou les affaires publiques ». Ces diplômes ne sont pas reconnus par l’Etat. Selon l’école, 338 inscriptions ont été enregistrées depuis son ouverture, et son chiffre d’affaires en 2021 s’élevait à 1,1 million d’euros. Le corps enseignant de l’Issep compte plusieurs figures de l’extrême droite française, tels que Pascal Gauchon, fondateur du Parti des forces nouvelles, l’ex-président d’Alliance royale Yves-Marie Adeline et l’essayiste conservateur Thibaud Collin.