Aix-en-Provence : « L’idée du Dalida Institute, c’est d’être dans le même esprit que "Fame" »

INTERVIEW De grands noms de l’industrie musicale française, comme le directeur de casting de « The Voice », ont décidé d’ouvrir à Aix-en-Provence une école pour former les chanteurs de demain

Mathilde Ceilles
— 
Roberto Ciurleo (ici à droite) a fondé avec d'autres professionnels de la musique la Dalida Institute à Aix-en-Provence
Roberto Ciurleo (ici à droite) a fondé avec d'autres professionnels de la musique la Dalida Institute à Aix-en-Provence — Tristan Reynayd / Sipa
  • A la rentrée, s’ouvre à Aix-en-Provence le Dalida Institute, une école fondée par des grands noms de l’industrie française comme Roberto Ciurleo, producteur de comédies musicales et ex-président de NRJ.
  • Cette école se veut unique, pour donner non seulement des cours techniques, mais aussi de droit et toute autre connaissance nécessaire pour durer dans le métier de chanteur.

C’est une école un peu particulière, qui semble tout droit sortie d’un film, qui se construit en ce moment même à Aix-en-Provence. La marraine de l’école n’est autre que Louane. Les fondateurs et enseignants sont tout aussi prestigieux, de Bruno Berberes, le célèbre directeur de casting​, dénicheur de talents notamment pour The Voice, à Roberto Ciurleo, ancien directeur de programmes de Virgin Radio et président de NRJ, aujourd’hui producteur de comédies musicales.

A la rentrée prochaine, la sous-préfecture des Bouches-du-Rhône accueillera le Dalida Institute, un établissement visant à former les artistes de demain. Robert Ciurleo revient pour 20 Minutes sur ce projet d’un Fame à la française.

Quel est le point de départ de votre projet ?

Cela fait des années que je pense à fonder cette école. Je suis producteur de spectacles, comme la comédie musicale Robin des bois. Et pendant les castings, j’étais étonné en voyant à quel point les artistes les plus jeunes n’étaient pas prêts. Lors des auditions, les jeunes professionnels ne savaient pas poser leurs voix, ne savaient pas parler à un ingénieur du son, ne savaient pas s’apprêter. On m’a expliqué que c’était comme ça, le niveau français.

Il s’avère que, parallèlement, j’ai vécu trois ans à New York. J’ai passé beaucoup de temps à Broadway et j’ai vu là-bas les formations très complètes des artistes. Depuis 2010, j’ai donc cette idée de monter une école dédiée au métier de chanteur, mais je n’ai pas eu le temps jusqu’ici de le faire. Avec la pandémie, j’ai eu plus le temps de me pencher sur le sujet. J’ai donc pu commencer à bâtir une formation sur une année, la plus complète possible, en mettant en relation toute la filière musicale et en faisant bénéficier les futurs étudiants d’un certain réseau. On y retrouvera les plus grands coachs, comme Bertrand Lamblot, qui a réalisé les albums de Christophe Maé et Johnny Halliday.

Comment les études vont-elles s’organiser ?

J’ai grandi, gamin, avec Fame, et l’idée, c’est d’être dans le même esprit. Pour faire carrière, il faut des clés. Le succès n’est pas un truc facile, c’est même le plus difficile… sauf quand on est armé. Il va y avoir des masterclass de streamers à la Sacem, d’avocats pour apprendre à lire des contrats, des ateliers d’écriture et de composition avec des éditeurs. Ils vont apprendre également à parler avec un ingénieur du son, des cours de droit pour connaître l’exception culturelle française. Pour le chant, ça ne sera pas des cours de 40, mais des cours individuels. Il y a aussi une obligation de cours en anglais. On va organiser des workshop avec des compositeurs avec lesquels nos artistes vont être en immersion pendant une semaine, et vont apprendre à se raconter.

Et tous les trois mois, il y aura des concerts, avec des artistes connus en guest. Le coût des études est élevé [16.000 euros] mais nous avons monté un partenariat avec le Crédit Mutuel avec un prêt avantageux pour que l’argent ne soit pas un frein. Si un candidat a l’argent mais pas le talent, on ne le prendra pas. Le but pour nous n’est pas de gagner de l’argent mais la transmission, permettre d’avoir les armes pour vivre de la musique.

Pourquoi avoir implanté cette école à Aix-en-Provence ?

Ce n’est pas parce que j’y vis. Je veux que les artistes viennent en immersion, qu’ils s’installent dans une région et qu’ils soient ensemble tout le temps. Cette école, c’est 850 heures de cours en un an. Il faut vraiment être dedans. Il nous fallait aussi un lieu pour nos travaux, et nous avons aussi un partenaire, Voyage Privé, qui nous a suivis et qui installe un campus de 1.500 m². Enfin, j’ai dirigé Virgin Radio et j’ai vu durant cette période qu’il y avait une scène électro, rock et urbaine extrêmement riche dans la région d’Aix et de Marseille.

On célèbre ce mois-ci le 34e anniversaire de la mort de Dalida. Pourquoi avoir donné son nom à votre école ?

J’y ai pensé dès le départ. A la base, je pensais donner son nom à la première promotion. Mais Orlando m’a donné l’autorisation que l’école porte son nom. Pour moi, elle a eu la carrière parfaite. Elle n’a pas laissé de place au hasard. Elle savait parler scénographie. Elle avait des textes extraordinaires. Elle est encore aujourd’hui une source d’inspiration pour les jeunes, y compris les artistes de la musique urbaine comme Soolking. Jul aussi cite Dalida. A The Voice, c’est par exemple l’artiste la plus demandée. C’est une artiste intemporelle. C’est aussi une voix avec une puissance extraordinaire, qui faisait tout sauf de la variété. Et c’est enfin une fille d’immigrés italiens née au Caire en Egypte. Ça donne de l’espoir à beaucoup de gens.

​Une audition à Marseille le 7 juin

Le 7 juin prochain, l’école organise une session de recrutement à Marseille pour trouver les 50 prochains élèves de sa première promotion. Il s’agit de la troisième vague d’audition organisée par le Dalida Institute. Les candidats doivent au préalable s’inscrire sur le site Internet de l’école.