Saint-Chamond : L'iman qui avait tenu un « prêche discriminatoire » reconduit aux Comores

RELIGION Mmadi Ahamada, 35 ans, ancien iman de la mosquée de Saint-Chamond a été expulsé de France avec sa famille pour avoir tenu des « des propos incompatibles avec les principes et les lois de la République »

20 Minutes avec AFP
L'ancien imam de la mosquée de SAint-Chamond a été expulsé aux Comores avec sa famille après avoir tenu un prêche jugée discriminatoire.
L'ancien imam de la mosquée de SAint-Chamond a été expulsé aux Comores avec sa famille après avoir tenu un prêche jugée discriminatoire. — M. Allili/ Sipa
  • Mmadi Ahmada, ancien imam de la mosquée de Saint-Chamond a été reconduit aux Comores avec sa famille, a indiqué la préfecture de la Loire.
  • L’iman était sous le coup d’une expulsion depuis le mois d’octobre pour avoir tenu l’été dernier des propos jugés discriminants à l’égard des femmes.
  • Son titre de séjour ne lui a pas été renouvelé.

L’imam de la principale mosquée de Saint-Chamond (Loire), qui avait tenu « des propos incompatibles avec les principes et les lois de la République (…) a été reconduit aux Comores », son pays d’origine, avec sa famille, a annoncé mardi la préfecture de la Loire.

Sous le coup d’une Obligation de quitter le territoire français (OQTF) depuis octobre, Mmadi Ahamada, 35 ans, était assigné à résidence ainsi que son épouse à leur domicile de Saint-Chamond depuis le 29 mars.

Une première tentative d’éloignement du couple et de leurs trois jeunes enfants nés en France, où l’imam est entré en 2014, avait échoué le 23 avril. « Contrôlé positif au Covid avant l’embarquement à l’aéroport de Lyon Saint-Exupéry, l’imam avait été ramené à Saint-Chamond avec sa famille », a précisé à l’AFP une source policière.

« Obéir à son mari » pour « entrer au Paradis »

En juillet, il avait été suspendu de ses fonctions cultuelles par la mosquée Attakwa qui l’emploie, à la demande de la préfète de la Loire Catherine Séguin, pour un prêche au contenu « discriminatoire et contraire à l’égalité femme/homme », tenu en plein air lors de l’Aïd el-Kébir, selon la représentante de l’État.

Dans une vidéo de ce prêche du 20 juillet, postée sur la page Facebook de la mosquée, l’imam demandait notamment aux « femmes musulmanes désireuses d’entrer au Paradis [d'] obéir à [leur] mari » et « veiller aux droits d’Allah et à ceux de leur époux ».

La préfète avait alors indiqué dans un communiqué que « conformément aux instructions du ministre de l’Intérieur, la question du non-renouvellement de son titre [de séjour] » était « à l’étude ».

Pas de « menace à l’ordre public » selon le tribunal administratif

Le tribunal administratif de Lyon avait rendu le 18 mars une décision dans laquelle il rejetait le motif de « menace à l’ordre public » invoqué par la préfète de la Loire dans son arrêté du 20 octobre 2021 assorti d’une OQTF. Il annulait par ailleurs l’ « interdiction de retour sur le territoire français d’une durée d’un an ».

Les juges ont estimé cependant que la préfète pouvait « refuser le renouvellement de la carte de séjour temporaire (portant la mention "visiteur") de l’intéressé, au motif qu’il exer [çait], depuis fin 2018, une activité salariée, en CDI » au sein de l’association gérant la mosquée Attakwa.