Grenoble : Eric Piolle va-t-il autoriser le port du burkini dans les piscines? L'opposition réagit déjà vivement

LAICITE Selon l'opposition, le maire de Grenoble pourrait soumettre l'autorisation du burkini dans les piscines municipales, lors du prochain conseil municipal prévu le 16 mai

Caroline Girardon
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Une femme porte un burkini (à gauche) dans une piscine (illustration).
Une femme porte un burkini (à gauche) dans une piscine (illustration). — CEM OZDEL/A.A./SIPA
  • Dans une lettre adressée vendredi au président de la République, Eric Piolle, le maire de Grenoble indique « veiller à ce à ce qu’aucun règlement intérieur d’aucun équipement public ne constitue une injonction ou une discrimination » dans sa ville.
  • L’opposition est vivement montée au créneau, estimant qu’il s’agit d’une volonté d’autoriser le port du burkini dans les piscines municipales et affirmant que cette décision sera soumise lors du conseil municipal du 16 mai.
  • Laurent Wauquiez, président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, menace déjà de « couper toute subvention » à la ville de Grenoble si cette mesure était votée.

Le maire écologiste de Grenoble Eric Piolle va-t-il demander que le port du burkini soit autorisé dans les piscines municipales ? L’information n’a pas été officialisée ni confirmée par l’intéressé. La mairie, que 20 Minutes a contactée, n’a, pour l’instant, pas réagi mais déjà, l’opposition est vent debout. Dans un tweet publié ce lundi, le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes Laurent Wauquiez « met en garde » l’élu, le menaçant de « couper toute subvention » à la ville de Grenoble si cette décision venait à être appliquée. « Pas un centime des Auvergnats-Rhonalpins ne financera votre soumission à l’islamisme », prévient-il.



Les doutes sont nés d’une lettre que l’écologiste a adressée vendredi à Emmanuel Macron. Une longue missive dans laquelle le maire isérois interpelle le président de la République sur le rapport du Giec mais aussi sur la laïcité. Il indique notamment vouloir « veiller à ce à ce qu’aucun règlement intérieur d’aucun équipement public ne constitue une injonction ou une discrimination » dans sa ville.

« Il veut passer en force »

Si Eric Piolle ne mentionne jamais de signes religieux distinctifs ou ne parle pas de vêtement, d’autres ont clairement vu la volonté d’autoriser le burkini dans les piscines municipales. A commencer par l’ancien maire de la ville Alain Carignon, aujourd’hui membre actif de l’opposition. Dans un tweet publié vendredi, l’homme affirme que la mesure sera présentée lors du prochain conseil municipal, le 16 mai. « Eric Piolle n’est pas mandaté pour soutenir l’islamisme politique », estime-t-il, appelant les habitants à venir manifester en marge du conseil pour « exiger un référendum ».



« Il a menti en disant que la décision n’était pas prise concernant le burkini ! Elle l’est. Il a notifié aux commissions le nouveau règlement des piscines qui de fait l’autorise. Il a voulu cacher sa décision le plus longtemps possible aux Grenoblois parce qu’il veut passer en force », accuse Alain Carignon, interrogé ce lundi par Le Dauphiné Libéré.

Les socialistes et apparentés contre ce projet

« En cédant à une revendication qui fait le jeu du communautarisme islamiste et qui est une régression pour l’émancipation des femmes, EELV accélère davantage sa dérive », estime de son côté Clément Chappet, candidat des Républicains dans la troisième circonscription de l’Isère aux élections législatives.

Dans les rangs de la gauche, les élus Nouvel Air, socialistes et apparentés ont « clairement et fermement » réaffirmé leur « opposition à cette délibération ». « Ce texte fracture notre conseil municipal mais aussi la majorité elle-même, de nombreux élus ayant conscience que le burkini n’est ni un simple maillot, ni une tenue de bain comme les autres », soulignent-ils dans un communiqué. Avant d’appeler leurs collègues du conseil municipal « à se retrouver sur l’essentiel en ne donnant pas leur aval à une décision d’une telle gravité. »