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EMPLOILa galère des restaurateurs pour trouver des saisonniers

Hérault : « Ils ne veulent plus travailler »... La galère des restaurateurs pour trouver des saisonniers

EMPLOIAlors que la saison touristique va débuter, les restaurateurs de l’Hérault peinent à trouver des saisonniers. Selon, certains la rémunération n’est pas en cause, c’est l’envie de travailler qui fait défaut
Un cuisinier (illustration)
Un cuisinier (illustration) - ALLILI MOURAD/SIPA / SIPA
Nicolas Bonzom

Nicolas Bonzom

L'essentiel

  • Une fois encore, les restaurateurs sont confrontés à une pénurie de main-d’œuvre.
  • « Nous n’avons pas de salariés, déplore-t-il. Personnellement, j’en recherche sept. Et mes confrères, c’est pire », confie Jacques Mestre, restaurateur à la Grande-Motte et président de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih) de l’Hérault.
  • Et ce n’est pas un problème de rémunération, assure le professionnel.

Au Grau-du-Roi (Gard), le patron de la brasserie Ombre et Soleil a affiché un menu pas comme les autres, le 11 avril dernier, devant son établissement. Au lieu des brochettes de taureau ou des gambas à la plancha qu’il inscrit d’ordinaire sur son ardoise, l’entrepreneur a listé les offres d’emploi qu’il proposait : il recherchait « désespérément » des serveurs, un barman, un commis de cuisine et un crêpier. Deux jours après, il indiquait à 20 Minutes avoir reçu quelques CV. « Pas des tonnes », confiait-il. Il avait publié la photo de son initiative sur Facebook. Elle a permis de mettre en lumière la grosse galère des établissements pour trouver des saisonniers.

Jacques Mestre, restaurateur à la Grande-Motte (Hérault) et président de l’UMIH (Union des métiers et des industries de l’hôtellerie) de l’Hérault, est à bout, face à l’ampleur de la pénurie de main-d’œuvre. « Nous n’avons pas de salariés, déplore-t-il. Personnellement, j’en recherche sept. Et mes confrères, c’est pire. » A Carnon, un employé d’un restaurant, installé sur le port, confirme : embaucher, c’est « très compliqué » et il se sent bien seul, à l’approche de l’arrivée des touristes.

« On se débrouille, comme on peu »

A Palavas-les-Flots, la responsable d’un restaurant galère, notamment, à dénicher des employés en cuisine. « Nous n’avons que des candidatures pour des postes en continu, toute la journée. Mais ne nous sommes ouverts que le midi, et le soir, alors ce n’est pas possible pour nous. » Alors, en attendant, le restaurant a recours à l’intérim, notamment. « On se débrouille, comme on peu », confie-t-elle. Le gérant d’un établissement, à la Grande-Motte, est, lui, plutôt soulagé : il a réussi à constituer son équipe, pour la saison. Mais, confie-t-il, « c’est très très dur. Les gens savent qu’il y a une crise, alors ils demandent tous des salaires de fou. Au-dessus de 2.000 euros. »

Mais cette pénurie de main-d’œuvre n’est pas, assure Jacques Mestre, un problème de rémunération. Dans son restaurant, « c’est 2.000 euros net, pour un serveur, 39 heures. Les pourboires, en plus. Et 2.500 euros nets en juillet et en août. Ce n’est plus une question d’argent. Ils ne veulent plus travailler. » Le restaurateur confie qu’un homme lui a téléphoné mercredi, « pour savoir si c’était toujours 2.000 euros net. Je lui ai dit : "Je vous embauche, pas de problème, je ne vous demande pas de qualification ! Je vous demande juste d’avoir envie de travailler". Il m’a dit : "Monsieur, je suis au chômage, pourquoi voulez-vous que je travaille pour 200 ou 300 euros de plus ?". En revanche, ceux qui veulent travailler, il faut les encourager, il faut les féliciter. »


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La crise du Covid-19, qui a transformé les modes de travail et forcé certains employés à se reconvertir, « y est pour beaucoup », pense le restaurateur héraultais. Jacques Mestre craint que de nombreux restaurateurs doivent baisser leur rideau de fer, face à cette pénurie de saisonniers. Ils devront peut-être fermer « le midi… Certains, le dimanche, etc. », regrette-t-il. « Et je le dis, au passage, s’il y a moins de recettes fiscales, il y a moins d’impôts. » Il y a toutefois une solution, à laquelle Jacques Mestre songe : embaucher, si on ne lui met pas « des bâtons dans les roues », des travailleurs étrangers, qui viennent de Tunisie, du Maroc, de Pologne ou d’Ukraine.

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