Nice : « Montrer que c’est possible autour de moi »... Yazir, 20 ans, est l'un des premiers agents écocitoyens

AVENIR Olivier, Yazir, Foued et Jacques, ont de 20 à 29 ans et sont les premiers employés du chantier d’insertion écocitoyen du quartier des Moulins, à l’ouest de Nice

Elise Martin
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Le chantier d'insertion écocitoyen est un projet initié par l'association Adam dans le quartier des Moulins à Nice
Le chantier d'insertion écocitoyen est un projet initié par l'association Adam dans le quartier des Moulins à Nice — E. Martin / ANP / 20 Minutes
  • Eloignés de l’emploi, sans diplôme mais motivés, des jeunes du quartier des Moulins à Nice ont choisi de participer au projet du chantier d’insertion écocitoyen de l’association Adam.
  • Ils ramasseront les déchets et feront de la sensibilisation à l’écologie dans le quartier, cinq jours par semaine, de 16 heures à 20 heures et bénéficieront également de six heures dédiées à leurs projets professionnels pour se réinsérer à la fin des six mois de contrat.
  • Un travail valorisant et qui profite à tous.

Au volant de triporteurs électriques équipés de tout le matériel nécessaire au nettoyage, Olivier, Yazir, Foued et Jacques, âgés de 20 à 29 ans, vont sillonner les rues aux Moulins, à l’ouest de Nice, cinq fois par semaine de 16 heures à 20 heures, en complément de ce qui est déjà fait par d’autres services de la ville.

Olivier, Jacques, Foued et Yazir dans le local du chantier d'insertion écocitoyen équipés de leur matériel de travail
Olivier, Jacques, Foued et Yazir dans le local du chantier d'insertion écocitoyen équipés de leur matériel de travail - E. Martin / ANP / 20 Minutes

L’objectif ? « Rendre plus agréable à vivre » leur quartier en ramassant des déchets. Mais aussi, faire de la médiation sur l’écologie auprès des autres habitants. Ce chantier d’insertion écocitoyen sera officiellement lancé lundi et bénéficiera de quatre jeunes éloignés de l’emploi tous les six mois.

« On mise sur eux »

« Je n’ai réussi à finir mon bac pro cuisine, précise Olivier, 25 ans. Alors, j’essaie de m’insérer dans la vie active par tous les moyens. Avec cette opportunité, j’ai la possibilité de construire un projet et en plus, de servir à quelque chose. On se sent utile. C’est le quartier où on a grandi donc c’est cool pour nous de se dire qu’on participe à ce qu’il soit plus propre. »

En plus des 20 heures de travail par semaine, six autres sont destinées à aider les jeunes à créer ou à poursuivre leurs projets et ainsi leur permettre de continuer leur insertion sur le marché du travail. Car pour certains, « ce n’est pas l’envie qui manque mais c’est l’accompagnement », selon Yazir, 20 ans.

Marcel Sarr, responsable du pôle médiation à l’association Adam, à l’initiative du projet, développe : « Depuis près de dix ans, l’association propose de l’accompagnement dans l’emploi pour les jeunes du quartier, sur la base du bénévolat. Après différents constats, on a eu envie d’aller plus loin pour ceux sortis du système scolaire, souvent sans diplôme, qui ont certains freins à leur épanouissement professionnel. On a une belle jeunesse, qui a envie de travailler mais qui manque de confiance en elle. Nous, on mise sur eux, on sait qu’ils vont y arriver. »

Pour lui, il était également important de proposer des tâches où « les jeunes peuvent être fiers ». Le responsable résume : « On gagne sur tous les tableaux. Dans la rénovation urbaine du quartier avec un outil électrique qui évite la pénibilité du travail, dans l’aspect écologique plus que primordial dans le contexte actuel et dans le développement de la citoyenneté de nos jeunes qui vont sensibiliser les autres habitants sans les juger. »

« On ne fait pas que ramasser »

Même si « le but ce n’est pas de faire ça toute [sa] vie », Yazir est plutôt content de faire partie du projet. « Je n’ai pas pu terminer mon bac pro électrotechnique et j’étais frustré de ne pas avoir de diplôme, explique-t-il. Depuis, j’essaie de faire des choses à droite à gauche, pour rester actif et rebondir. J’ai vraiment envie d’aller au bout et pourquoi pas, un jour, monter ma propre entreprise dans le domaine de la maintenance marine. »

Pour ce jeune niçois, c’est aussi une façon de « sensibiliser ceux qui se sont arrêtés avant lui ». « Je suis le seul de mes amis à être allé jusqu’en terminale. Par mon acte, j’ai envie de leur montrer que c’est possible. Et qu’en plus, cette action profite à tout le monde. On ne fait pas que ramasser. On améliore la vie de tous dans le quartier. »

Le directeur de l’association Karim Ben-Ahmed conclut : « Notre slogan, c’est s’engager pour réussir. Au bout de six mois, on veut que tous nos jeunes soient réinsérés. On n’a pas de critère de recrutement, à part la motivation. C’est seulement une façon de laisser sa chance à tout le monde. Si nous, on ne le fait pas, personne ne le fera. »