Lyon : Avec le robot Oscar, le bloc opératoire ne fait plus peur aux enfants (ni aux parents)

PEDIATRIE Le Médipôle de Lyon-Villeurbanne s’est doté d’un robot humanoïde pour rassurer les enfants avant et après une anesthésie générale. Il soulage aussi bien l'équipe médicale que le moral des jeunes patients

Jennifer Lesieur
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Le robot humanoïde Oscar est aussi ludique que pédagogique et thérapeutique.
Le robot humanoïde Oscar est aussi ludique que pédagogique et thérapeutique. — J.L. / 20 MINUTES
  • Oscar, un robot humanoïde, est utilisé en pédiatrie au Médipôle de Lyon-Villeurbanne pour rassurer les enfants avant et après une opération chirurgicale.
  • Conçu pour identifier les émotions sur les visages humains, il interagit avec l'enfant pour atténuer l'aspect anxiogène de l'hôpital.
  • Sa portée ludique et amusante allège en même temps le travail de l'équipe soignante, qui songe à développer ses capacités.

Ses grands yeux et son sourire ont beau être en plastique, impossible de lui résister. Le robot Oscar est la nouvelle « recrue » du Médipôle de Lyon-Villeurbanne, plus grand centre hospitalier privé de France. Des dizaines d’enfants y passent chaque semaine subir des opérations de routine (pose de diabolos, végétations…), qui n’en sont pas moins anxiogènes pour eux. Désormais, Oscar est là pour les accueillir, les rassurer, jusqu’à leur sortie. Ce robot humanoïde est en effet conçu pour identifier les émotions humaines sur les visages, et y répondre avec bienveillance. Les enfants en sont fous : le personnel du Médipôle aussi.

Un mécène lyonnais à l’origine du projet

Oscar a été financé par Christophe Coquerel, PDG de la société de promotion immobilière Oscar Développement. « Il nous a contactés un jour pour nous proposer, selon ses termes, une bulle de bonheur aux enfants hospitalisés », explique Xavier Claris, directeur du Médipôle. « En réfléchissant sur une manière innovante, unique, d’accompagner les enfants au bloc opératoire, on a pensé au robot humanoïde Pepper (créé en 2014 par SoftBank Robotics, ndlr.), et M. Coquerel nous a suivis. »

Deux ans de conception plus tard, Oscar est prêt à l’emploi. Marilyne Valette, coordinatrice du projet, nous le présente. On serre la main articulée. « Oscar est programmé pour accueillir l’enfant dès son arrivée », explique-t-elle. « Il discute un moment avec lui, et lui montre le parcours qu’il va suivre dans l’établissement, avec un petit film diffusé sur sa tablette. » Une petite caméra permet au robot de suivre l’enfant : « Il l’emmène ensuite dans sa chambre, où il propose de petits jeux, des histoires. Puis il l’accompagne jusqu’à l’entrée du bloc opératoire. » Après l’opération et le passage en salle de réveil, le jeune patient peut revoir Oscar, le temps d’une photo et d’une remise de « diplôme de bravoure ».

Enfants, parents et soignants gagnés par l’effet Oscar

« Au milieu du gigantisme du Médipôle, on a besoin de projets comme celui-ci, qui nous recentrent sur la qualité d’accueil du patient », se réjouit le Dr Tramoni, anesthésiste. « Un enfant ne doit surtout pas garder un mauvais souvenir de son séjour ici. Oscar est bluffant, il nous fournit une bulle d’air à nous aussi ! » Grâce au robot, les temps d’attente passent plus vite, et le processus ambulatoire gagne en efficacité. « Le check-in administratif du début est un moment où il faut être précis et où les enfants sont perturbateurs », ajoute le médecin. « Or, là, ils s’amusent avec le robot, et tout le monde peut se concentrer. On fait le pari qu’en salle de réveil, les enfants demanderont d’abord où est leur mère, et ensuite où est Oscar… »

Le retour des familles lui donne raison : « Une mère nous a dit que sa fille avait un peu pleuré lors d’un geste technique, mais pas du tout lors du parcours préopératoire, ni au moment de la séparation avec ses parents : pour ça, le but est atteint », se félicite Xavier Claris. L’équipe souhaite développer davantage les capacités d’Oscar, en attendant la possibilité de le dupliquer pour d’autres patients, d’autres usages thérapeutiques. Avec sa bonne bouille ronde et ses gestes expressifs, ce robot n’a rien d’un placebo.