Guerre en Ukraine : Comment la France s’organise-t-elle face à une possible rupture de gaz russe ?

ENERGIE Un décret a été publié et organise à la fois le remplissage des stocks et la manière dont des coupures ciblées pourraient être mises en œuvre chez de gros consommateurs

M.F avec AFP
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Le gouvernement français prévoit de fermer quelques robinet en cas d'une rupture des livraisons de gaz russe cet hiver
Le gouvernement français prévoit de fermer quelques robinet en cas d'une rupture des livraisons de gaz russe cet hiver — Canva

Des coupures ciblées de gaz vont être organisées en France, mais pas pour tout le monde. Un décret publié vendredi organise la manière dont la France va se préparer à un possible manque de gaz venu de Russie cet hiver. Il encadre un possible « délestage », c’est-à-dire une interruption ou une réduction de l’approvisionnement pour certains clients industriels ou tertiaires (centres commerciaux, salles de concert, stades…).

Le dispositif, qui ne ciblera pas les particuliers, concerne moins de 5.000 gros consommateurs, avec des exceptions prévues pour les services publics essentiels (hôpitaux, écoles…) et certaines entreprises. « C’est un dispositif de dernier recours qui vise à préserver l’approvisionnement général des consommateurs de gaz et notamment des particuliers », souligne-t-on au gouvernement.

Quelles conséquences en cas de rupture des livraisons russes ?

D’après le décret, ces gros consommateurs vont recevoir une enquête de la part du gestionnaire du réseau de gaz leur demandant plusieurs informations comme leur activité ou « les conséquences économiques qu’il subirait en cas de réduction ou d’arrêt de sa consommation de gaz », ainsi qu’un moyen de contact pour lui transmettre à tout moment un ordre de délestage. Ils devront répondre sous deux mois maximum, au risque d’une amende.

La France, qui compte sur la Russie pour environ 17 % de son gaz, serait moins affectée que ses voisins européens en cas de rupture des livraisons mais subirait malgré tout des conséquences. « Si les importations de gaz russe cessaient, nous serions probablement capables d’en remplacer à peu près la moitié, mais le reste, à très court terme, devrait être réalisé, obtenu, compensé par une réduction des consommations et particulièrement dans les secteurs industriels », estimait jeudi le président d’Engie, Jean-Pierre Clamadieu. De son côté, le gestionnaire du réseau de transport GRTgaz confirme que des réductions de consommation devraient être envisagées notamment en cas d’hiver froid.

Priorité est au remplissage des stockages

Pour l’heure, la priorité est au remplissage des stockages de gaz en vue de l’hiver prochain malgré les prix inhabituellement élevés actuellement pour la saison. Ils doivent être remplis à au moins 85 % avant la prochaine saison froide. Le niveau de remplissage des stockages était descendu jusqu’à 19 % à la fin de l’hiver et est remonté à un peu plus de 22 % cette semaine, a précisé Thierry Trouvé. « On sort de l’hiver avec des stocks relativement bien remplis, on n’est pas à des niveaux exceptionnellement bas, et le gaz continue à arriver en France », souligne-t-on aussi au gouvernement.

Pour diversifier ses approvisionnements, la France a pris des mesures pour augmenter ses capacités d’importations de gaz naturel liquéfié (GNL) dans ses terminaux méthaniers et envisage même de construire un nouveau terminal méthanier flottant.