Pédocriminalité dans l’Eglise : 526 victimes ont saisi l’instance de réparation

RECONNAISSANCE 68 % sont des hommes d’après la présidente de l’Instance nationale indépendante de reconnaissance et de réparation

20 Minutes avec agences
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L'Eglise continue de réagir après le rapport Sauvé pour venir en aide aux victimes qu'elle a laissé souffrir en silence.
L'Eglise continue de réagir après le rapport Sauvé pour venir en aide aux victimes qu'elle a laissé souffrir en silence. — Mourad ALLILI/SIPA

Cinq cent vingt-six personnes ont pris contact avec l’Instance nationale indépendante de reconnaissance et de réparation (Inirr), chargée depuis quelques semaines de répondre aux demandes de victimes de pédocriminalité dans l’ Eglise catholique, a annoncé ce mercredi la présidente de cette instance. Marie Derain de Vaucresson s’exprimait à Lourdes, et en visioconférence devant la presse, après avoir présenté le fonctionnement de sa structure devant la Conférence des évêques de France (CEF) réunie pour son assemblée plénière de printemps jusqu’à vendredi.

Sur les 526 personnes s’étant adressées à l’Inirr depuis le 17 janvier, « 68 % sont des hommes » et « une majorité est âgée de 56 à 70 ans », a précisé Marie Derain de Vaucresson. Dans « 70 % des cas, les violences sexuelles ont été vécues entre 11 ans et 15 ans » et pour presque un quart « entre 6 et 10 ans ».

Un travail sur les barèmes d’indemnisation en cours

S’agissant de leurs attentes, « 23 % souhaitent uniquement apporter leur témoignage, sans demande en termes de reconnaissance ou de réparation », « 46 % souhaitent une reconnaissance – que soit formalisé le fait qu’elles ont été victimes, par un courrier ou par une rencontre avec un responsable d’Eglise » par exemple, et « 28 % ne formulent aucune attente » en termes de reconnaissance, a-t-elle détaillé. En outre, « 57 % des personnes parlent d’une réparation, notamment financière », 19 % « ne souhaitent pas » d’indemnisation et 24 % n’ont pas d’attente sur ce thème.

Destinée aux victimes de prêtres ou de laïcs dans divers lieux d’Eglise (hors congrégations), l’Inirr a été votée par la CEF en novembre dernier, une décision répondant à l’une des recommandations du rapport choc de Jean-Marc Sauvé publié en octobre sur l’ampleur des violences sexuelles sur mineurs depuis les années 1950. Sur ces 526 dossiers, 54 situations sont en cours de règlement, a encore souligné la présidente de l’Inirr. « Ce n’est pas satisfaisant », a-t-elle dit, soulignant « la difficulté à recruter notamment des salariés » pour sa structure.

Interrogée sur les barèmes d’indemnisation, elle a souligné qu’un travail sur la question « d’un plancher » et d’un plafond était en cours, mais « pas tranché ». De son côté, Gilles Vermot-Desroches, le président du Fonds de secours et de lutte contre les abus sur mineurs (Selam), la structure chargée de recueillir les fonds pour financer les demandes de réparation financière de l’Inirr, a souligné que « la quasi-totalité des diocèses avaient donné ». En janvier, il avait annoncé que 20 millions d’euros avaient été recueillis.