Bretagne : Le breton et le gallo ont enfin leur place au conseil régional

LANGUES REGIONALES Pour la première fois ce jeudi, les discours tenus en breton ou en gallo lors des sessions du conseil régional de Bretagne seront traduits en simultané en français

Jérôme Gicquel
Illustration de l'hémicycle du conseil régional de Bretagne à Rennes.
Illustration de l'hémicycle du conseil régional de Bretagne à Rennes. — C.Allain/APEI/20 Minutes
  • Les langues régionales s’invitent dans les débats à l’occasion de la session du conseil régional de Bretagne qui s’ouvre ce jeudi à Rennes.
  • Toutes les prises de paroles des élus en breton ou en gallo seront désormais traduites en simultané en français.
  • Les élus brittophones, comme le député Paul Molac, saluent la mesure.

Combien seront-ils à prendre la parole en breton ou en gallo dans l’hémicycle ? Nul ne le sait encore. Toujours est-il que les élus du conseil régional de Bretagne pourront s’exprimer dans les deux langues régionales à l’occasion de la session plénière qui se tient ces jeudi et vendredi à Rennes. Aucun règlement ne leur interdisait pourtant de le faire jusqu’à présent. Mais si l’un d’entre eux tenait un discours en breton ou en gallo, il devait ensuite se charger lui-même de traduire ses propos en français, seulement une dizaine de conseillers sur les 83 élus parlant l’une des deux langues. « C’était assez pénible de tout traduire et cela pénalisait notre temps de parole », reconnaît Nil Caouissin, conseiller régional et membre de l’Union démocratique bretonne (UDB).

Désormais, la traduction sera assurée en simultanée, y compris sur le site et les réseaux sociaux, ce qui constitue « une première en France » selon le président socialiste de la région Loïg Chesnais-Girard. « C’est une fierté, assure-t-il. Une avancée intelligente qui montre un respect pour celles et ceux qui souhaitent s’exprimer dans ces langues dans une république sereine et détendue par rapport aux langues régionales ».

Des vents porteurs pour le breton et les langues régionales

Du côté des élus brittophones, on salue bien sûr la mesure. « On peut enfin utiliser le breton comme une langue de travail en faisant en sorte de n’exclure personne », indique Nil Caouissin. Parlant à la fois breton et gallo, le député Paul Molac (Libertés et Territoires), « le seul qui n’aura pas besoin de casque », se réjouit aussi de cette avancée pour les langues régionales. « C’est un beau symbole, souligne l’élu. Car ce n’est pas le tout de demander à l’État de faire quelque chose pour nos langues régionales si on ne fait rien nous-mêmes ».

Après l’adoption de sa loi sur les langues régionales, le vote d’un budget en hausse à la région et le triomphe du groupe Alvan et Ahez au concours de l’Eurovision, Paul Molac veut ainsi croire à un avenir radieux pour la langue bretonne. « Si on ne fait rien pour nos langues de toute façon, elles vont disparaître, assure l’élu. On le voit avec le gallois qui gagne désormais des locuteurs. On n’en est pas encore là avec le breton mais les choses vont changer ». Selon la dernière étude de la région, la Bretagne compte environ 207.000 locuteurs en breton et 191.000 en gallo.