Affaire Orpea : 80 plaintes de familles déposées contre le groupe

MALTRAITANCE Ces familles accusent notamment Orpea de « mise en danger en danger d’autrui » et d'« homicide involontaire »

20 Minutes avec AFP
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Orpea
Orpea — SOLAL/SIPA

Depuis la sortie du livre Les Fossoyeurs, Orpea  est sous le feu des critiques. Ce lundi, près de 80 plaintes de familles de résidents ont été déposées devant le parquet de Nanterre contre le groupe. Ces familles accusent notamment Orpea de « mise en danger en danger d’autrui » et d'« homicide involontaire », a annoncé à l’AFP l’avocate Sarah Saldmann, confirmant une information du Parisien.

Certaines plaintes individuelles font aussi mention de « non-assistance à personne en danger », de « violence par négligences » et de « vol ». Contacté lundi par l’AFP, le parquet de Nanterre n’était pas en mesure de confirmer la réception de ces plaintes.

De nouveaux signalements « chaque jour »

Une trentaine d’Ehpad sont concernés par ces plaintes, surtout les établissements « Le Corbusier » situé à Boulogne-Billancourt et « Les Bords de Seine » à Neuilly-sur-Seine, particulièrement visé par le livre-enquête Les Fossoyeurs du journaliste Victor Castanet. « Je continue de recevoir chaque jour des signalements de maltraitance, les dysfonctionnements persistent, rien n’a changé », s’indigne Me Sarah Saldmann.

Depuis la publication du livre en janvier, l’ARS IDF a diligenté 90 inspections au sein des Etablissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes franciliens, l’Île-de-France comptant 707 Ehpad dont 19 % sont publics, 33 % privés à but non lucratif et 48 % privés à but lucratif.

Réorganisation des équipes

Dans un rapport publié mardi dernier, l’ARS a imposé également des mesures à l’Ehpad des « Bords de Seine ». Sa direction a reçu l’injonction de réorganiser ses équipes de jour et de nuit, dans un délai de trois mois. Ces directives reposent sur l’observation de dysfonctionnements.

Sollicité par l’AFP mardi dernier, le groupe Orpea a assuré qu’il mettrait en place ces changements « dans les meilleurs délais » et a présenté ses « excuses aux résidents et aux familles ». Par ailleurs, suite aux rapports d’enquête des Inspections générales des Finances (IGF) et des Affaires sociales (IGAS), le gouvernement a saisi la justice, sur la base de l’article 40 du code de procédure pénale qui oblige toute autorité à signaler des faits délictueux dont elle aurait connaissance.