Neige : C'est normal ces chutes de température au printemps ou la météo fait n'importe quoi ?

YOYO CLIMATIQUE Dans certaines régions de France on a perdu presque 20 degrés en l’espace de trois jours, c'est bizarre ou pas ?

Marie De Fournas
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Les bords de Seine à Paris le 26 mars 2022 à gauche. Les mêmes bords de Seine le 1er avril 2022.
Les bords de Seine à Paris le 26 mars 2022 à gauche. Les mêmes bords de Seine le 1er avril 2022. — Michel Euler/AP/SIPA / Xavier Francolon/SIPA
  • Alors qu’il faisait un soleil radieux sur la plupart des régions de France le 28 mars, poussant les Français à faire tomber le pull (voire la chemise), tout le monde a remis son manteau ce vendredi avec l’arrivée de la neige sur le pays.
  • Si tout le monde semble très surpris, les écarts de températures surviennent chaque année depuis presque toujours au début du printemps en raison des flux d’airs venus des régions polaires du Nord.
  • Le problème à notre époque, c’est que ces écarts naturels de températures ne forment vraiment pas un combo gagnant avec le réchauffement pas naturel du climat.

En trois jours, on est passé d’un soleil qui tape la peau à de la neige qui fait couler le nez. Alors que Paris enregistrait une maximale de 22 °C le 28 mars, il n’y fera pas plus de 3 °C ce vendredi, assure Météo France. Un grand écart qui touche toutes les régions de France à plus ou moins grande échelle. De quoi faire dire aux pépés sur leurs bancs, qu’il n’y a plus de saison et aux internautes sur Twitter : « Y a 2 jours on était en slip au balcon et demain il neige OKLM ». Mais a-t-on raison d’être sidéré par ce yoyo climatique. Si pour Christelle Robert, prévisionniste à Météo France, on peut dire que de la neige un 1er avril, c’est « un événement notable », pas de quoi non plus affirmer que la météo fait du grand n’importe quoi.


D’ailleurs à Météo France on a pour habitude de dire que le printemps « est une saison de contraste ». D’ailleurs la chaîne a publié un petit graphique qui montre bien que chaque année depuis des années on a des écarts de températures au début du printemps. Jusqu’à 14,5 °C de différence en 2010 entre le 28 avril et le 5 mai. « En 2021, on a eu fin mars des records de températures suivis d’un gel tardif et historique les 4 et 8 avril », rappelle également la prévisionniste à ceux qui auraient une mémoire à trou.


Encore la faute au réchauffement climatique

La raison de ces écarts de températures est récurrente pour la simple raison qu’elle est saisonnière. Au printemps, « la France peut être soumise à l’influence des masses d’air venues du nord d’origines polaires ou à des masses d’air tropical venu du sud, explique Christelle Robert. Celles qui viennent du nord sont encore très froides à cette période puisque l’arctique nord sort tout juste de sa période d’hiver. »

Mais pour l’experte si l’on est plus choqué ces dernières années, c’est bien en raison du changement climatique (Eh oui, on en revient toujours au même point). « Avec le réchauffement climatique, la végétation sur son cycle est un peu en avance et subit donc plus durement ces vagues de froid tardif [également liées au réchauffement climatique] ». Or ces petits bourgeons précoces qui gèlent et meurent ça nous frappe et ça a une incidence sur nos vies, donc forcément on en parle plus.

La bonne nouvelle dans tout ça, c’est que si du gel est à craindre jusqu’à lundi, une masse d’air plus doux devrait arriver mardi, avec un temps gris et des passages pluvieux, selon la prévisionniste de Météo France. Là, vous ne voyez pas vraiment ce qu’il y a de joyeux dans cette annonce, mais l’experte l’assure, c’est « une bonne nouvelle pour les terres sur le front de la sécheresse, car on avait cette année un déficit en matière d’humidité des sols ». Donc on pense tous bien fort à l’humidité de la terre et on prend son mal en patience avant le vrai retour du soleil.