Bretagne : La centrale à gaz de Total mise en service après douze ans de contestation

ENERGIE La centrale électrique à gaz de Landivisiau (Finistère) doit permettre à la Bretagne de gagner un peu en autonomie énergétique

C.A. avec AFP
A Landivisiau, TotalEnergies vient de mettre en service une centrale électrique fonctionnant au gaz. Elle doit permettre à la Bretagne de gagner en autonomie électrique.
A Landivisiau, TotalEnergies vient de mettre en service une centrale électrique fonctionnant au gaz. Elle doit permettre à la Bretagne de gagner en autonomie électrique. — Fred Tanneau / AFP
  • A Landivisiau, dans le Finistère, TotalEnergies met en service sa centrale électrique à gaz ce jeudi, après plus de dix ans de contestation.
  • L’usine vise à offrir plus d’indépendance électrique à la Bretagne, qui ne produit que 15 % de l’énergie qu’elle consomme.
  • Des associations écologistes dénoncent ses émissions de gaz à effet de serre et son coût. TotalEnergies percevra 40 millions d’euros par an de la part de l’Etat pour la faire fonctionner.

Sa construction avait été actée dès 2010, lors de la présentation du pacte électrique breton par Jean-Yves Le Drian. Le projet de centrale électrique à gaz de Landivisiau avait l’objectif d’être finalisé très vite pour donner plus d’autonomie énergétique à la Bretagne, hyper dépendante des régions voisines pour se chauffer et s’éclairer. Contestée pendant dix ans, notamment par des associations écologistes, la centrale à gaz de TotalEnergies avait produit ses premiers kilowatts cet hiver. Ce jeudi, le géant pétrolier a officiellement mis en service son usine de production électrique. Un premier jour qui intervient avec cinq ans de retard sur le calendrier prévisionnel.

Cette centrale à cycle combiné au gaz naturel utilise une turbine alimentée en gaz naturel, dont la combustion avec l’oxygène de l’air entraîne un alternateur. La récupération de la chaleur des gaz de combustion sortant de la turbine produit de la vapeur. C’est cette vapeur qui, en entraînant une turbine, produit à son tour de l’électricité. « La centrale est fonctionnelle depuis cet hiver où, durant et en parallèle aux derniers tests, elle a pu soutenir le réseau électrique breton », précise TotalEnergies.

Total percevra 40 millions par an de la part de l’Etat

Dépourvue de centrale nucléaire (celle de Brennilis ne produit plus depuis bien longtemps), la Bretagne ne produit qu’environ 10 % à 15 % du courant qui y est consommé et importe l’essentiel des régions voisines. Pour remédier à cette situation, un pacte électrique breton conclu en 2010 prévoyait de nouvelles sources de production d’électricité, dont la centrale de Landivisiau, de 400 mégawatts, construite par Siemens. « La centrale est nécessaire pour sécuriser l’approvisionnement électrique de la péninsule bretonne », a réitéré mercredi TotalEnergies. Sa filiale Compagnie électrique de Bretagne touchera 40 millions d'euros par an de la part de l’Etat pour faire fonctionner son usine.

Les opposants au projet avaient notamment tenté de faire annuler l’arrêté ministériel du 10 janvier 2013 autorisant TotalEnergies à exploiter une telle centrale. Ils dénonçaient notamment les émissions de gaz à effet de serre qui seront générées par l’usine de production électrique. Mais aussi le coût de la construction, estimé à environ 400 millions d’euros.