Violences en Guadeloupe : Deux détenus transférés vers l’hexagone

BATAILLE Dans cette affaire, sept hommes sont mis en examen et écroués depuis le 21 janvier.

20 Minutes avec AFP
— 
Des violences ont éclaté en Guadeloupe à la fin de l'année 2021.
Des violences ont éclaté en Guadeloupe à la fin de l'année 2021. — Morel Gilles/SIMAX/SIPA

L’instauration du pass vaccinal a fait des dégâts. Deux hommes qui étaient placés en détention provisoire en Guadeloupe, suspectés d’y avoir planifié des violences urbaines commises fin 2021, ont été transférés dans deux prisons de France métropolitaine, ont indiqué leurs avocates, qui contestent ces transfèrements.

Dans cette affaire, sept hommes sont mis en examen et écroués depuis le 21 janvier. Ils sont suspectés d’appartenir à des gangs qui auraient planifié et organisé des violences ayant secoué la Guadeloupe fin 2021, sur fond de conflit social contre le pass vaccinal. Le parquet les soupçonne d’avoir fomenté ces exactions en vue notamment d’extorquer des fonds à des grands groupes ainsi qu’à des élus via des subventions versées à des associations. Cependant, ils sont présentés localement comme des « grands frères », médiateurs auprès d’une jeunesse désœuvrée.

Un recours pour contester le transfèrement

L’avocate d’un des deux détenus transférés en France métropolitaine, Me Jeanne Hortense Louis, a indiqué avoir déposé un recours devant le Conseil d’Etat pour contester le transfèrement. Son client, travailleur social, est soupçonné par la justice d’être membre actif d’un gang. Il est mis en examen notamment pour association de malfaiteurs en vue de commettre des crimes et délits en bande organisée. Dans une affaire antérieure, il avait été condamné à dix mois d’emprisonnement sans mandat de dépôt pour détention illégale d’arme à feu. Selon l’avocate, la notification reçue stipule que « la maison d’arrêt de Basse-Terre n’est pas adaptée au détenu qu’il est, que la médiatisation de cette affaire trouble l’ordre public et qu’il pourrait avoir une influence négative sur ses codétenus ».

Le deuxième suspect, policier, avait été transféré dans l’hexagone « le 17 mars, le jour même » de la notification de la décision, selon son avocate, Me Lorenza Bourgeac, dont le référé pour éviter ce transfèrement a été rejeté par le tribunal administratif. « Depuis leur garde à vue ils n’ont pas vu leur famille […] c’est fait pour les écraser psychologiquement », a estimé Me Jeanne Hortense Louis, son client étant père de quatre enfants.

Un autre suspect, incarcéré en Guadeloupe, a obtenu du tribunal administratif de bénéficier « sans délai » d’un accès aux soins, selon une décision obtenue par l’AFP. « Il est enjoint au directeur du centre pénitentiaire de Baie-Mahault de permettre, sans délai » au détenu « l’accès aux soins et aux rendez-vous médicaux qu’il réclame », indique cette décision du tribunal, suite à un référé introduit par son avocate, Me Gladys Démocrite.