Nantes : Unique en France métropolitaine, le Mémorial de l’abolition de l’esclavage fête ses 10 ans

MEMOIRE Le site, qui a déjà accueilli près de 2 millions de visiteurs, rappelle l’histoire de la traite atlantique et de la ville de Nantes en tant que premier port négrier au XVIIIe siècle

Oriane Voisine
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A l'intérieur du Mémorial à l'abolition de l'esclavage de Nantes.
A l'intérieur du Mémorial à l'abolition de l'esclavage de Nantes. — F.Perry/AFP
  • Le Mémorial a été inauguré le 25 mars 2012 quai de la Fosse, en bord de Loire.
  • Des plaques de verre gravées donnent des indications historiques et géographiques à travers des cartes, des chiffres, des citations.
  • Pour les 10 ans du Mémorial, une programmation culturelle est proposée jusqu'en juin afin de « sensibiliser le grand public ».

Il y a dix ans jour pour jour, le Mémorial de l’abolition de l’esclavage était inauguré quai de la Fosse à Nantes. Il s’agit de l’unique lieu de mémoire en France métropolitaine consacré à la traite atlantique, à l’esclavage et à son abolition. Sa place dans la Cité des ducs n’est pas un hasard. Il rappelle de manière solennelle le rôle de la ville en tant que  premier port négrier au XVIIIe siècle. Plus de 1,6 million de visiteurs l’ont parcouru librement depuis son ouverture, sans oublier quelque 60.000 élèves avec leur classe, estime la ville de Nantes.

Monument à la fois « politique et artistique », ce mémorial, commandé par l’ancien maire Jean-Marc Ayrault (PS), avait été conçu par le plasticien Krzysztof Wodiczko et l’architecte Julian Bonder. La pierre de l’ancien quai de Loire se mêle au bois et au béton brut. Quelque 2.000 plaques de verre gravées donnent des indications historiques et géographiques sur l’esclavage passé et moderne, en particulier sur la traite atlantique. La France avait en effet organisé pas moins de 4.000 expéditions négrières entre le XVIIe et le XIXe siècle, dont 1714 au départ de Nantes.

Expositions, projections, débats pour marquer le coup

Pour accompagner l’anniversaire du Mémorial, puis la journée de commémoration nationale du 10 mai, la ville de Nantes, le Château des ducs de Bretagne et des acteurs associatifs proposent jusqu’en juin une programmation culturelle pour « sensibiliser le grand public et pas seulement les chercheurs et scientifiques », indique Olivier Chateau, adjoint à la maire en charge du patrimoine. L’année 2022 coïncide également avec les 30 ans de l’association les Anneaux de la mémoire.

Le Mémorial à l'abolition de l'esclavage de Nantes est situé quai de la Fosse à Nantes.
Le Mémorial à l'abolition de l'esclavage de Nantes est situé quai de la Fosse à Nantes. - F.Perry/AFP

Les activités annoncées sont variées. Au Château des ducs de Bretagne, un « temps fort » intitulé « L'humain d'abord » offre diverses expositions et projections de spectacles. Le 10 mai, le film « I’m not your negro » de Raoul Peck, sorti en 2016, sera projeté au cinématographe. Deux spectacles sont également confirmés : le 11 et 14 mai, respectivement à l’espace Cosmopolis, rue Scribe, et au Château. D’autres activités sont à prévoir jusqu’en juin. L’objectif est aussi d’évoquer des sujets contemporains. « Aujourd’hui, le travail forcé persiste, le racisme aussi ce qui veut dire que le travail n’est pas terminé. On peut faire passer un message avec les jeunes », assure l’adjoint à la maire.