Mort d'Yvan Colonna : Des centaines de personnes se recueillent sur son cercueil à Ajaccio, la veille de ses obsèques

CORSE L’inhumation aura lieu vendredi après-midi, à Cargèse (Corse-du-Sud), fief familial des Colonna

M.F avec AFP
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Les gens attendent le corbillard transportant le cercueil du militant indépendantiste corse Yvan Colonna à son arrivée sur l'île méditerranéenne française de Corse à Ajaccio, le 23 mars 2022.
Les gens attendent le corbillard transportant le cercueil du militant indépendantiste corse Yvan Colonna à son arrivée sur l'île méditerranéenne française de Corse à Ajaccio, le 23 mars 2022. — Pascal POCHARD-CASABIANCA / AFP

La journée de jeudi était placée sous le signe du recueillement à Ajaccio, en Corse. Dans l’espace funéraire Picchetti, des centaines de personnes se sont pressées autour du cercueil du militant indépendantiste Yvan Colonna. Recouvert de la bandera, le drapeau corse, et de roses, il a été placé au milieu de bougies, corbeilles de fleurs blanches et deux portraits de jeunesse de l’ancien berger de Cargèse.  Il doit être inhumé vendredi, dans son village.

C’est l’enfant du pays que viennent saluer les personnes qui défilent, sans s’attarder sur le fait que ce même homme a été condamné par trois fois à la prison à perpétuité pour l’assassinat du préfet Claude Erignac, tué de plusieurs balles, dont certaines en pleine tête, en 1998, à Ajaccio. Interrogé par des journalistes, Gilles Simeoni, président de la Collectivité de corse, refuse ainsi de s’étendre sur la polémique à propos des drapeaux en berne en Corse. « Nous, on respecte la mort. C’est culturel », a seulement lâché l’élu autonomiste, entouré de plusieurs autres représentants de la classe politique locale.

Le fils de 10 ans d’Yvan Colonna présent

Tout près, Christine et Stéphane, sœur et frère d’Yvan Colonna, reçoivent les messages de soutien, en présence des deux enfants du défunt, dont son fils de 10 ans, assis à côté du cercueil. « Nous voulons que justice soit faite pour Yvan et que le type soit jugé sévèrement », insiste la belle-mère d’Yvan Colonna, Santa Casasoprana, en retenant ses larmes : « C’est triste de mourir comme ça. Personne ne méritait cette mort. »

« Mon petit-fils, le pauvre, il a beaucoup de chagrin » : la dernière fois qu’il a vu son père, « il avait huit ans, c’était il y a deux ans », à « cause du Covid », ajoute la mère de Stéphanie Colonna, qui avait épousé le membre du "commando Erignac" en prison.

L’inhumation aura lieu vendredi après-midi, à Cargèse (Corse du Sud), fief familial des Colonna, un hameau de 1.300 habitants dans l’ouest de l’île. Le père Antoine Forget, dit père « Tony », de l’église latine du village, qui compte également une paroisse de rite byzantin, a précisé qu’un frère diacre dirait quelques mots sur le défunt. Si une foule importante est attendue, seules 150 personnes pourront se glisser dans l’église, a précisé le prêtre.