Nantes : Deux mois après la polémique, la dissolution de Nantes Révoltée n’est « pas initiée »

EFFET D'ANNONCE Pointé du doigt après une nouvelle manifestation ternie par des incidents, le groupe d'extrême gauche était menacé par le gouvernement d'une dissolution fin janvier. Rien n'a bougé depuis

F.B. avec AFP
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Lors de la manifestation contre la loi "Sécurité globale" le 27 novembre à Nantes.
Lors de la manifestation contre la loi "Sécurité globale" le 27 novembre à Nantes. — S.Salom-Gomis/Sipa

La demande de dissolution du collectif Nantes révoltée annoncée fin janvier par le ministère de l'Intérieur avait fait grand bruit. Mais deux mois plus tard, la procédure n’a « pas été initiée », affirme ce mercredi l’avocate du groupe et média d’extrême gauche. « A ce jour, Nantes révoltée demeure sans nouvelles du gouvernement sur d’éventuels griefs qui lui seraient reprochés. (…) Ce qui est sûr, c’est que la procédure de dissolution n’a à ce jour pas été initiée », assure Me Aïnoha Pascual.

Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, avait annoncé à l’Assemblée nationale avoir décidé « d’engager le contradictoire qui permettrait la dissolution de ce groupement de fait ». Le lancement d’une telle procédure de dissolution suppose l’envoi par le gouvernement d’une lettre de griefs à l’association concernée. Celle-ci dispose ensuite de quinze jours pour faire valoir ses arguments au gouvernement. « Il ne faut pas deux mois pour faire une liste de griefs quand on a réellement des griefs », estime l’avocate. Sollicité, le ministère de l’Intérieur n’a pas souhaité s’exprimer.

« Il n’avait pas conscience de ce qu’est Nantes révoltée »

Nantes révoltée, qui se présente comme un « média autonome et engagé » et récuse les qualifications de « groupe », « groupuscule », ou « groupement de fait », est régulièrement pointé du doigt par les autorités pour des violences lors de manifestations. La procédure de dissolution avait été évoquée par le ministre de l’Intérieur à la suite d’incidents survenus à Nantes en marge d’une manifestation « antifa ».

« Nous supposons qu’au moment où Gérald Darmanin a fait cette annonce, il répondait à une demande d’élus LR et LREM, mais qu’en réalité il s’est avancé trop rapidement parce qu’il n’avait pas conscience de ce qu’est Nantes révoltée. Il pensait pouvoir utiliser la procédure de dissolution des groupements et des associations sans savoir qu’il se référait en réalité à un média », poursuit Me Pascual.

Outre un site internet et une page Facebook qui compte plus de 220.000 abonnés, Nantes révoltée édite aussi des revues imprimées. Le neuvième numéro, qui s’intitule Contre attaque, est vendu depuis janvier sur Internet ou dans certains cafés nantais. Une pétition lancée contre sa dissolution avait recueilli plus de 40.000 signatures.