Prix des carburants : « Notre avenir n’est pas joyeux »… Inquiets, les taxis multiplient les blocages dans les Bouches-du-Rhône

REPORTAGE Des centaines de taxis ont bloqué toute la journée des points stratégiques à Miramas et Fos-sur-Mer pour réclamer un geste du gouvernement face à la hausse des prix du carburant

Mathilde Ceilles
Un chauffeur de taxi allume un fumigène sur un rond-point bloqué par des manifestants dans les Bouches-du-Rhône.
Un chauffeur de taxi allume un fumigène sur un rond-point bloqué par des manifestants dans les Bouches-du-Rhône. — Mathide Ceilles / 20 Minutes
  • Ce lundi, des centaines de taxis ont multiplié les blocages dans les Bouches-du-Rhône pour dénoncer la hausse du prix des carburants.
  • Ils réclament notamment une baisse de la TVA.
  • En filigrane, ces taxis font aussi part de leur inquiétude sur leur avenir.

En quelques minutes à peine, la circulation se retrouve complètement bloquée. Aux abords du rond-point de la Fossette, à Fos-sur-Mer, en ce lundi après-midi, des kilomètres de bouchons, de camions et de voitures immobilisées par des centaines de taxis. Toute la journée, ces derniers ont multiplié les blocages dans les Bouches-du-Rhône, afin de protester contre la hausse des prix des carburants. Après être partis des zones commerciales de Plan-de-Campagne et de la Valentine, près de Marseille, les taxis ​ont convergé vers la zone logistique de Clésud, à Miramas, avant de se retrouver en fin de journée à ce rond-point stratégique, route privilégiée par de nombreux camions.

« C’est bien, c’est efficace, se félicite l’un d’entre eux, perché sur un rond-point, un fumigène à la main, les yeux rivés sur les embouteillages qui s’accumulent à une vitesse fulgurante. On va nous entendre. Parce que y’en a ras le bol ! Ça devient invivable. » « Ça fait trois ans que je suis taxi, confie Anthony, jeune militaire retraité, alors qu’il grignote une salade derrière son volant. Et franchement, j’ai tout vécu. J’ai vécu les "Gilets jaunes". J’ai vécu le Covid-19. Et maintenant, je vis la guerre en Ukraine et l’augmentation des prix du gazole. Franchement, je suis inquiet. J’ai acheté ma licence très chère. Et le carburant aujourd’hui, ça me fait des gros frais. Ça va devenir compliqué d’être taxi. Notre avenir n’est pas joyeux… »

« L’aide du gouvernement, c’est pas grand-chose »

« On n’a plus l’activité professionnelle, abonde Yazid. On a plus l’activité touristique. Et maintenant, l’essence à deux euros ? » « Je fais le plein tous les deux jours, et ça me revient à 120 euros, détaille Hamid, taxi à Marseille depuis deux ans. Avant, je payais 80… » « Aujourd’hui, un taxi a entre 300 et 400 euros de frais de gazole chaque mois, affirme Sébastien Betza, taxi de Martigues et représentant syndical au sein du SNT 13. Cela correspond à 8 à 10 % du chiffre d’affaires. Et l’aide annoncée par le gouvernement, qui s’applique à tout le monde, c’est 130 euros par véhicule, soit pas grand-chose… »

« A la fin, ce sont nos marges qui baissent », s’alarme Yazid. « Nos tarifs sont fixés par la préfecture, rappelle Sébastien Quessada, président de l’association des taxis de Marignane. Mais nous ne réclamons pas une hausse des tarifs pour compenser la hausse des prix du carburant, car on ne veut pas que ce soit l’usager qui paie. Ce que l’on réclame, c’est une baisse de la TVA de la part de l’Etat à 5.5 % au lieu de 10 actuellement. » De nouveaux blocages, notamment de Clésud, sont prévus ce mardi dans la matinée.