Guerre en Ukraine : Le département de Vendée ne débaptisera pas le collège Soljenitsyne

POLEMIQUE Un collectif réclame de changer le nom d’un établissement scolaire d’Aizenay, près de La Roche-sur-Yon

J.U.
Le collège d'Aizenay, en Vendée, porte le nom de l'écrivain russe Alexandre Soljenitsyne
Le collège d'Aizenay, en Vendée, porte le nom de l'écrivain russe Alexandre Soljenitsyne — NATALIA KOLESNIKOVA / AFP

Une « demande indigne », qui ne sera pas suivie d’effet. Par la voix de son premier vice-président Guillaume Jean, le conseil départemental de Vendée a répondu à une polémique qui agite un collège du territoire, depuis quelques jours. Dans une pétition mise en ligne, plusieurs associations et syndicats d’enseignants, et notamment Sud éducation, réclament de changer le nom d’un établissement scolaire d’Aizenay, près de La Roche-sur-Yon. Ils demandent que le collège Alexandre Soljenitsyne (1918-2008) soit rebaptisé, pour ne plus rendre hommage à cet écrivain russe prix Nobel de littérature en 1970.

Le collectif estime que « Soljenitsyne était certes écrivain de talent, mais c’était aussi une personnalité proche de Poutine, malgré l’opposition de leurs engagements durant l’époque de l’URSS. Peu avare de compliments envers le dictateur russe qui lui décerna le prix d’État, Soljenitsyne partageait avec lui sa vision de l’unité de la Russie, un patriotisme aveugle ». À la place, les syndicats proposent le nom de Voline, « un poète ukrainien condamné en Russie tsariste pour insurrection ».

« Polémique inutile »

Sollicité par 20 Minutes, Guillaume Jean estime qu’il s’agit « au mieux de maladresse, au pire d’idéologie ». Comme il l’a écrit sur son compte Facebook dimanche soir, il avance que l’initiative « témoigne de la méconnaissance de l’œuvre de Soljenitsyne qui, tout en rappelant dans l’Archipel du goulag, les liens forts existant entre l'Ukraine et la Russie, souhaitait que les rapprochements entre pays membres de l’ex URSS viennent de la volonté des peuples et non d’un impérialisme renouvelé ».

Selon le vice-président, cette pétition, pour le moment signée par une vingtaine de personnes seulement, crée « une polémique inutile en ne changeant strictement rien au sort des Ukrainiens quittant leur pays ».