« L’antisémitisme et l’antisionisme sont les ennemis de notre République », clame Macron à Toulouse

HOMMAGE Dix ans après les attentats perpétrés à Toulouse et Montauban par Mohammed Merah, une cérémonie en hommage aux victimes avaient lieu à Toulouse

Béatrice Colin
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Emmanuel Macron, lors de la cérémonie d'hommage aux victimes des attentats de Toulouse et Montauban, le 20 mars 2022 à Toulouse.
Emmanuel Macron, lors de la cérémonie d'hommage aux victimes des attentats de Toulouse et Montauban, le 20 mars 2022 à Toulouse. — Ludovic MARIN / POOL / AFP
  • Ce dimanche 20 mars, une cérémonie était organisée à Toulouse en hommage aux victimes des attentats terroristes perpétrés à Toulouse et Montauban en mars 2012.
  • Dix ans après, les deux chefs d’Etat français et israéliens ont plaidé de concert contre l’obscurantisme et le terrorisme.

Vive émotion ce dimanche au sein de la Halle aux Grains de la Ville rose, lors de la cérémonie d'hommage rendu aux victimes des attentats perpétrés en mars 2012 à Toulouse et Montauban. Dix ans après l’assassinat de sept personnes par Mohammed Merah, Emmanuel Macron et son homologue israélien, Isaac Herzog, étaient présents pour rappeler « que le terrorisme ne vaincra pas », a assuré le chef d’Etat israélien, pour ce qui était sa première visite officielle en France.


Devant les anciens présidents François Hollande et Nicolas Sarkozy, ainsi que l’ancien Premier ministre Manuel Valls et le président du Sénat, Gérard Larcher, Emmanuel Macron a rappelé que « l’antisémitisme et l’antisionisme étaient les ennemis de notre République ». Juste avant s’étaient succédé les témoignages émouvants d’élèves de l’école Ohr Torah, amis des victimes, mais aussi de leurs proches comme Samuel Sandler, qui a perdu son fils et ses deux petits-fils ce jour-là.

« Il y a un problème avec l’islam radical en France »

« Depuis dix ans, face au drame, face à la répétition, nous n’avons pas baissé la tête, nous n’avons rien cédé, rien abandonné, recherchant sans trêve l’équilibre entre la défense de nos libertés et le renforcement de notre sécurité, a poursuivi le chef de l’Etat. Nous sommes là pour rappeler que la France et Israël sont ensemble déterminés à vaincre le terrorisme sur toutes ses formes et sur tous les fronts. Et que nous sommes déterminés à anéantir l’antisémitisme, y compris celui qui se cache sous le masque de l’antisionisme. » A ce titre, Emmanuel Macron a rappelé que le gouvernement avait fait dissoudre, le 9 mars dernier, « deux collectifs antisémites, dont le collectif toulousain Palestine vaincra ».

Avant ces discours, le président du Conseil représentatif des institutions juives de Toulouse, Franck Touboul avait rendu un hommage ému à Arié, Gabriel et Myriam, les trois enfants tués ce 19 mars 2012 et à Jonathan Sandler. Mais pour ce représentant de la communauté juive toulousaine, organisatrice de cette journée, la question de l’islamisme n’a pas non plus été occultée. « En France, il existe un problème avec l’Islam radical, le dire, ce n’est pas faire le jeu de l’extrême droite, c’est sauver des vies », a-t-il insisté, pointant « le refus de l’extrême gauche de nommer le réel ».

Ce discours plus politique, d’autres orateurs présents l’ont porté ce dimanche sur la scène de la Halle aux Grains, que ce soit l’essayiste Caroline Fourest ou l’avocat Richard Malka. Ce dernier a rappelé que « l’idéologie victimaire » était un point commun à tous les terroristes islamistes qui ont agi sur le territoire français. « Et elle gagne du terrain », a-t-il relevé. « Il faut une contre-idéologie et nous ne l’avons pas dans nos écoles », a déploré l’avocat de Charlie Hebdo.