Lyon : Le 30 mars, 84 % des rues passeront en zone 30

CIRCULATION En abaissant la vitesse à 30km/h sur quasiment l’ensemble de la ville de Lyon, la mairie veut réduire l’accidentologie et les nuisances sonores

Caroline Girardon
A compter du mercredi 30 mars, Lyon deviendra une ville 30. La vitesse de circulation sera abaissée dans 84% des rues.
A compter du mercredi 30 mars, Lyon deviendra une ville 30. La vitesse de circulation sera abaissée dans 84% des rues. — Romain Doucelin/ Sipa
  • A compter du mercredi 30 mars, Lyon deviendra une « Ville 30 ».
  • 84 % des rues, contre 37 % aujourd’hui, seront désormais limitées à 30 kilomètres/heure au lieu de 50 km/h ou 70 km/h.
  • La mairie entend réduire l’accidentologie et apaiser la ville en abaissant également le niveau des nuisances sonores.

La mesure, tant décriée par les automobilistes, entrera en vigueur le mercredi 30 mars. Dans 10 jours, 84 % des rues de la ville de Lyon passeront en zone 30, contre 37 % actuellement. Soit plus du double. En linéaire, cela englobera désormais 610 kilomètres sur 627 kilomètres. Soit quasiment la totalité des axes de circulation.

« Passer à 30 km/h ne présente pas d’effet négatif sur la circulation. Le report est presque inexistant », plaide la mairie, chiffres à l’appui. Selon les estimations réalisées par les services de la métropole, la mise en place de la mesure implique un temps « de deux minutes supplémentaires pour un trajet d’une demi-heure » et de « trois minutes pour un trajet d’une heure ». La raison : « On circule déjà souvent à 30 km/h ou 20 km/h quand on est en ville, et les pointes de vitesse sont sans effet sur les temps de parcours », répond Fabien Bagnon, vice-président de la Métropole en charge de la voirie.

Réduire l’accidentologie

En revanche, l’abaissement de la vitesse en ville aurait un réel impact sur l’accidentologie. « Les études ont montré qu’à 30 km/h la distance de freinage est réduite de moitié. On estime ainsi que le risque de décès d’un piéton heurté est de 10 % à 30 km/h, contre 80 % à 50 km/h », argumente Grégory Doucet, le maire de Lyon, se basant sur une étude menée par l’OMS en 2004.

« Dans les trois années suivant l’arrivée de la ville 30 dans la Métropole de Grenoble, le nombre de piétons blessés a été divisé par deux. D’autres villes comme Oslo ou Copenhague sont arrivées à zéro piéton tué en 2019, en combinant la Ville 30 avec d’autres mesures », plaide encore l’élu estimant que la démarche « a fait ses preuves dans de nombreuses villes en Europe et en France ». Bruxelles, Londres et Paris l’ont également déjà adopté.

13 % des axes resteront à 50km/h, 3 % à 70km/h

Le message est clair : cette mesure doit inciter les habitants à prendre un peu moins souvent leur voiture pour se reporter sur d’autres modes de déplacements, comme les transports en commun ou le vélo. Elle s’inscrit pleinement dans la politique menée par les écologistes, depuis leur arrivée au pouvoir. A savoir, mieux partager l’espace public et apaiser la presqu’île lyonnaise. « La diminution de la vitesse en ville abaisse considérablement les nuisances sonores provoquées par le trafic automobile, ajoute Fabien Bagnon. Elles sont divisées par 2 entre une zone à 50 km/h et une zone à 30 km/h. »

A compter du 30 mars, 13 % des axes resteront à 50 km/h, parmi lesquels les bus en site propres sur le cours Lafayette, le quai Joseph-Gillet et l’avenue Rosa Parks. Mais aussi le tunnel de la Croix-Rousse, le boulevard des Belges, une partie des quais du Rhône et le nord des quais de Saône ainsi que l’avenue Berthelot. 3 % des axes resteront à 70 km/h, principalement la M6 et la M7.

L'accidentologie
A l'échelle de la métropole de Lyon, 17 piétons ont été tués dans des accidents impliquant des voitures en 2019. Quinze sont décédés entre 2016 et 2020, uniquement dans la ville de Lyon.