Prix des carburants : L'AIE présente une liste de dix mesures d'urgence pour freiner la consommation d'essence et de gazole

A SEC Les appliquer permettrait d'éviter un nouveau choc pétrolier

20 Minutes avec AFP
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L'AIE a présenté dix mesures d'urgence pour freiner la consommation de carburants, alors que les prix s'envolent.
L'AIE a présenté dix mesures d'urgence pour freiner la consommation de carburants, alors que les prix s'envolent. — Mathieu Pattier/SIPA

La ruée à la pompe fait craindre des conséquences graves. L'Agence internationale de l'énergie (AIE) a présenté vendredi une liste de dix «actions clés» qui permettraient de freiner d'urgence la consommation de carburants, afin de réduire le risque d'un nouveau «choc» pétrolier.

Ces suggestions de court terme, à destination des gouvernements et des citoyens, auraient un effet immédiat. Elles s'adressent avant tout aux économies avancées, «où c'est faisable et culturellement acceptable», un ensemble qui aujourd'hui représente près de la moitié de la demande mondiale, souligne l'AIE.

2,7 millions de barils économisés en 4 mois ?

Si elles étaient pleinement suivies dans ces pays, 2,7 millions de barils par jour pourraient être économisés d'ici quatre mois, autant que le pétrole nécessaire au parc automobile chinois. Mathématiquement, elles auraient encore plus d'impact si les économies émergentes s'en emparaient aussi, pointe l'AIE.

Certaines de ces mesures sont déjà appliquées dans des villes, parfois depuis des années. «Les réglementations mises en oeuvre par les pouvoirs publics ont montré leur efficacité, accompagnées par des campagnes d'information et de sensibilisation», estime l'AIE.

Vitesse et télétravail

L'agence propose d'abord de réduire d'au moins 10 km/h les limitations de vitesse sur autoroute pour les voitures et les camions. Ce serait l'une des mesures les plus efficaces, estime l'AIE : environ 430.000 barils de pétrole économisés chaque jour. «Nous l'avons déjà fait pour des raisons liées au trafic, ou à la pollution de l'air (...). Nous pouvons le faire de nouveau», a souligné le directeur de l'AIE, Fatih Birol.

La deuxième proposition consisterait à télétravailler jusqu'à trois jours par semaine. Impact: un jour de télétravail, c'est 170.000 barils par jour (b/j) en moins, trois jours c'est 500.000. Dans les économies avancées, environ un tiers des emplois permettent de travailler de chez soi, note l'AIE.

Plus de voitures en ville le dimanche

L'AIE recommande ensuite l'interdiction des voitures en ville le dimanche, comme le pratiquent déjà Paris, Tokyo, Bruxelles, Édimbourg... En 1973 le mouvement avait aussi été lancé en Suisse, en RFA ou encore aux Pays-Bas. Ce serait, aujourd'hui, 95.000 barils par jour économisés.

En parallèle, la proposition suivante consiste à soutenir les transports publics (réduire le prix des billets, voire gratuité) et modes de déplacement doux. Environ 330.000 barils par jour seraient économisés. En Nouvelle-Zélande par exemple, le prix des billets sera réduit de moitié ces trois prochains mois face à la hausse des prix des carburants.

Autopartage et TGV plutôt que l'avion

Les autres propositions consistent, pêle-mêle, à alterner la circulation routière dans les grandes villes (210.000 barils par jour en moins) ; à accroître l'autopartage, et l'efficacité énergétique de sa voiture (vérifier la pression des pneus, relever la température de climatisation moyenne de 3°C...), ce qui permettrait d'économiser 470.000 barils par jour ; à promouvoir l'efficacité pour le frêt routier et les livraisons (éco-conduire, optimiser les chargements...), pour épargner 320.000 barils par jour.

Enfin, il faudrait selon l'AIE préférer les TGV et trains de nuit à l'avion, pour sauver environ 40.000 barils par jour, éviter les voyages d'affaires en avion quand des options alternatives existent (260.000 arils par jour sauvés), et renforcer l'adoption de véhicules électriques ou plus efficaces (100.000 barils par jour économisés).